Portée par l’entrée en vigueur, début 2022, de la RE2020, la nouvelle réglementation environnementale, qui fait la part belle aux matériaux biosourcés, la filière bois se sent pousser des ailes. “La filière doit se mettre en ordre de marche, pour développer des produits qui ne sont pas suffisants en France. Nous avons un besoin d’investissement annuel de 1,2 milliard d’euros, hors pâte, au cours des cinq dernières années. Nous avons notamment des besoins sur les produits d’ingénierie situés entre la première et la deuxième transformation. Il faut créer des lignes de production en France”, indique Luc Charmasson, président du Comité stratégique de filière (CSF) Bois, qui fait aussi part, à plus long terme, d’une volonté de relocaliser en France certains pans de la production de meubles.
Les représentants du CSF Bois ont signé, lundi 19 avril, avec les ministères de l’Agriculture et de l’Alimentation, de la Transition écologique et de l’Economie, un avenant au contrat de filière bois en vigueur depuis 2018, pour la période 2021-2022. Celui-ci intègre l’application de la RE2020, et d’autres objectifs, parmi lesquels l’adaptation de la forêt au changement climatique, la proposition d’une solution industrielle de façades préfabriquées bois pour l’isolation thermique par l’extérieur des logements sociaux, la création d’un troisième fonds avec Bpifrance, la mise en place d’une concertation dédiée au contenu de solutions pour soutenir les projets des industries françaises de process du bois, ainsi que la création de nouveaux parcours de professionnalisation.
Parallèlement à ces objectifs, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a annoncé l’ouverture, jusqu’à la mi-juillet, d’un appel à manifestation d’intérêt pour le développement de produits bois et de systèmes constructifs bois. Il complètera deux autres appels à manifestation d’intérêt dédiés au reboisement, ainsi qu’à la mixité des matériaux. “L’Etat souhaite vraiment qu’il y ait davantage de mixité des matériaux dans le bâtiment. Souvent, l’architecte pense soit en béton, soit en métal, soit en bois. Nous allons monter des programmes de formation pour les architectes et les constructeurs de travaux”, explique Luc Charmasson. 1 million d’euros sera par ailleurs prochainement fléché vers l’accélérateur de croissance filière bois pour les PME et ETI.
Les Jeux olympiques, pas au niveau espéré
Dans ce contexte, Luc Charmasson fait part de ses regrets quant à la place accordée au bois dans les futurs bâtiments des Jeux olympiques de Paris 2024 : 50% des immeubles en-dessous de 8 niveaux de haut seront en bois, et il y aura 30% de bois dans les immeubles de 8 à 14 niveaux.
“Dans le contrat signé en 2018, nous devions nous projeter par rapport à l’échéance des Jeux olympiques. Nous n’avons pas eu les résultats escomptés. Nous pensions avoir tous les immeubles de moins de 8 niveaux en bois”.
Dans le nouvel avenant, les bâtiments de santé font partie des prochains secteurs à défricher.



