Petit rappel. La loi énergie climat de novembre 2019 fixe pour la France un objectif de neutralité carbone en 2050. Il sera impossible à atteindre sans rupture majeure dans les domaines les plus émetteurs de gaz à effet de serre, le transport (29 %), le bâtiment (17 %) et l’agriculture (16 %), l’industrie et la production d’énergie pointant à environ 10 % chacun.
Pour déclencher ces ruptures, un gouvernement dispose de trois leviers, le financement, la fiscalité et la réglementation. Pour réduire l’empreinte carbone du secteur bâtiment, le gouvernement privilégie les aides pour la rénovation, comme on l’a encore vu avec la généralisation de MaPrimRenov’.
Pour les constructions neuves, ce sera la réglementation, avec la RE 2020, qui sera applicable à partir de l’été 2021. Contrairement à la réglementation précédente, la RT 2012, qui visait à baisser les consommations d’énergie des bâtiments, le "T" signifiant thermique, la nouvelle réglementation pour les constructions neuves est environnementale, d’où le "E".
Elle poursuit trois objectifs de long terme, sobriété énergétique, diminution de l’empreinte carbone des bâtiments et fraîcheur en cas de forte chaleur. En cohérence, elle exclut le chauffage au gaz, au profit de la biomasse et de l’électricité décarbonée, orientant de fait le biogaz vers les bâtiments existants, voire le transport.
Mais le plus important de cette réglementation est dans la promotion du bâti bois et des matériaux biosourcés, pour réduire l’empreinte carbone des bâtiments dès leur construction. Cela va obliger la filière bois française à, enfin, se structurer pour diminuer aussi ses émissions importées. La vraie rupture de la RE 2020 est là.



