Transition énergétique oblige, le gaz, en temps qu’énergie fossile, "devra être supprimée du mix énergétique de 2050", dit la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (ou PPE) pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028. Mais, le gaz étant "l’énergie fossile qui émet le moins de gaz à effet de serre" et donc que "le report temporaire de certains usages du charbon ou du pétrole vers du gaz naturel est une amélioration relative", la PPE ne prévoit "pas de mesures particulières pour la réduction du gaz naturel". Les sages de la Direction générale énergie climat (DGEC), qui préparent la PPE, expliquant que "les opérations de maîtrise de l’énergie devraient permettre de faire évoluer la consommation finale de gaz naturel".
DGEC Réduire de 19 % la consommation de gaz d’ici à 2028
Mais la trajectoire de baisse fixée par la PPE est agressive. Il va falloir diminuer la consommation de gaz en France de 19 % en dix ans, soit -22 % comparée à celle de 2012. De 470 térawattheure (TWh) PCS (Pouvoir Calorifique Supérieur) en 2018, elle doit passer à 377 TWh PCS en 2028 avec un palier à 439 TWh en 2023. Or, en 2019, la consommation de gaz a remonté en 2019 en France de 2 % à cause de la production électrique (+39 %), portée par l’indisponibilité de certains réacteurs nucléaires et les prix bas du gaz, alors que la consommation dans l’industrie baissait de 2 % et celle des ménages de 1 %.
DGEC 7 à 10 % de biométhane en 2030

- 2.2337+2.05
3 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Dans le même temps, le gaz naturel doit peu à peu laisser sa place aux gaz renouvelables. Mais si la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 fixe l’objectif de porter la part des énergies renouvelables à 10 % de la consommation de gaz en 2030, celui indiqué dans la PPE est moins ambitieux. Pour des raisons de "maîtrise de l’enveloppe budgétaire consacrée au soutien de la production de gaz renouvelable", elle fixe des objectifs "cohérents avec une part de 7 à 10 % de la consommation de gaz en 2030" et conditionne les soutiens aux efforts de baisse des coûts de production.
Deux scénarios pour 2028
De 5,4 TWh PCS (dont 0,4 TWh injecté) en 2016, la nouvelle PPE fixe 14 TWh PCS (dont 6 TWh injectés) en 2023, alors qu’elle en prévoyait 15,3 TWh dans la PPE de 2016. Elle dresse de plus deux scénarios pour 2028. Un scénario A à 7 % de la consommation prévoit 24 TWh PCS produits (dont 14 TWh injectés) et un scénario B, lié à des baisses des coûts supérieur permettant d’envisager 10 % de la consommation, projette 32 TWh PCS (dont 22 TWh injectés), sachant qu’une partie du biogaz est consommée sur place pour produire de la chaleur et de l’électricité ou pourra être acheminé dans des stations d’avitaillement pour les véhicules.
Baisser les coûts de production
En 2018, le biométhane injecté dans le réseau (102 €/MWh PCS) était 4 fois plus cher que le gaz naturel (23 €/MWh PCS). Pour continuer à bénéficier de tarifs de rachat, les producteurs devront donc baisser les coûts de production de 95 €/MWh PCS à une moyenne de 75 €/MWh PCS pour être sélectionnés dans les appels d’offres en 2023 et 60 €/MWh PCS en 2028. Si ce prix moyen n’est pas atteint, les volumes alloués seront réduits, sachant que pour l’heure la PPE prévoit un calendrier d’appels de production de 350 GWh PCS / an deux fois par an (2e et 4e trimestre) de 2020 à 2024.
Une trajectoire de tarif d’achat maximal atteignant 90 €/MWh PCS pour le biométhane injecté en 2023 et 80 €/MWh PCS en 2028 sera également mise en place. En revanche, le volume de l’appel d’offres sera augmenté si les tarifs moyens demandés dans le cadre des offres sont inférieurs à la trajectoire de tarif d’achat de référence.
DGEC Sur ces bases, la PPE prévoit un soutien total au biogaz injecté d'ici à 2028 de 9,7 milliards d'euros dont 2,8 milliards déjà engagés. Ces aides permettront "d’atteindre 7 % de gaz renouvelable en 2030, une baisse supérieure permettrait d’atteindre 10 %", précise la PPE.
Les autres gaz renouvelables quasi absents
Sur les autres technologies de production de gaz renouvelable, par gazéification de matière organique (bois, paille, voir combustibles solides de récupération) et la conversion d'électricité d’origine renouvelable en gaz de synthèse, ou power-to-gas, la PPE renvoie aux démonstrateurs et pilote en cours.
DGEC Quant aux nouveaux usages du gaz, comme le transport, ils ne sont que rapidement évoqués. Mais un graphique laisse toutefois apparaître une croissance du gaz dans la consommation finale d’énergie des transports. La PPE évoque aussi de "rendre obligatoire la valorisation énergétique du biogaz capté dans les installations de stockage de déchets, lorsque c’est pertinent".



