Le taux d’absentéisme baisse enfin, pour la première fois depuis 2016, indique une vaste étude du cabinet Willis Towers Watson (WTW). Fondée sur les déclarations officielles (DSN) de près de 2200 entreprises, l’enquête indique un taux d’absentéisme (nombre de jours en arrêt de travail rapporté au nombre de jours calendaires) de 4,8% en 2023, contre 5,4% en 2022.
Une diminution qui s’explique essentiellement par un nombre particulièrement élevé, en 2022, des arrêts maladie liés au virus Omicron. Le taux d’absentéisme de 2023 reste supérieur à celui des années pré-Covid : il était de 3,8% en 2019. Les auteurs de l’étude invitent d’autant plus à la prudence que le premier trimestre 2024 montre une légère reprise de l’absentéisme.
La durée des arrêts maladie augmente chez les ouvriers
Comme les autres, le taux d’absentéisme des ouvriers baisse, pour s’établir à 6,9% en 2023 contre 7,8% en 2022. Mais il reste très supérieur à celui de 2019 (5,7%). Comme les autres années, c’est cette catégorie socioprofessionnelle qui a le taux d’absentéisme le plus élevé : il n’est que de 2,3% chez les cadres, 4,5% chez les professions intermédiaires, pour atteindre 6,4% chez les employés. Ce sont aussi les ouvriers qui ont la durée moyenne par arrêt la plus élevée : 28 jours (24 en 2022), contre 23 pour les employés, 20 pour les professions intermédiaires, 19 pour les cadres. Une durée élevée qui s’explique «possiblement par la pénibilité de leur emploi», indiquent les auteurs de l’étude.
Globalement, moins de salariés ont été en arrêt maladie d’au moins en 2023, grâce à une baisse du nombre d’arrêts des jeunes salariés. Leurs absences, plus nombreuses que dans leurs autres tranches d’âge, sont plus courtes. Portée par les arrêts maladie des seniors, la durée moyenne des arrêts a donc augmenté. Ce sont surtout les arrêts de plus de trois mois qui progressent : ils représentent 6% des arrêts maladie (4% en 2022), mais 55% du nombre de jours d’absence. Selon l’étude de WTW, la première cause des arrêts maladie de très longue durée s’explique par l’explosion des maladies liées aux risques psycho-sociaux.
Une piste pour les employeurs ? D'autant que les arrêts maladie seront désormais créateurs de droits à congés payés, la France ayant transposé dans la loi, après des années de tergiversations, une réglementation européenne.



