Sur les 1 110 cas de troubles musculo-squelettiques (TMS) qui auraient pu être déclarés en tant que maladies professionnelles (MP) en 2018, seuls 211 l’ont été, soit 22,5%. Voici l'une des conclusions d’une enquête de Santé Publique France, qui a surveillé la prévalence des maladies à caractère professionnel (MCP) entre 2012 et 2018, en s’appuyant sur des équipes de médecins du travail volontaires. Les MCP regroupent toutes les pathologies en lien avec le travail, qu’elles remplissent les conditions pour être déclarées en tant que MP ou pas.
L’industrie est l’un des secteurs où les TMS sont les plus prévalents, avec la construction et les transports. Des prévalences élevées ont également pu être observées dans le secteur de l’agriculture, mais elles reposaient sur des «effectifs faibles» selon l’enquête. En 2018, le taux de TMS parmi les salariés des industries étudiées atteignait 4,4% chez les hommes, après la construction (5,7%) et les transports (4,7%). Chez les femmes, ce taux s'établit à 5%.
Les ouvriers plus concernés
Par ailleurs, le taux de signalements de TMS tous secteurs confondus est plus élevé chez les femmes (4,4%) que chez les hommes (3,2%). Des fortes disparités sont également constatées du point de vue des catégories sociales : en 2018, les femmes ouvrières étaient 11 fois plus touchées que les femmes cadres, par exemple. Cela pourrait être expliqué par une plus grande exposition des ouvriers aux facteurs biomécaniques, qui concernaient 80% des hommes et des femmes ayant signalé un TMS. Ces facteurs incluent le travail avec force, les mouvements répétitifs et la posture.
Santé Publique France a également examiné les raisons derrière la non-déclaration des TMS en MP. Il en ressort qu’en 2018, 35,4% de ces cas étaient dus à la méconnaissance du salarié quant au processus de demande de réparation, 28,5% à un diagnostic insuffisant et 22,4% au refus du salarié, par crainte pour son emploi ou par manque d’attractivité de la réparation.
Cette dernière consiste à faire bénéficier le salarié d’une «prise en charge à 100 % de tous les soins liés à sa maladie, sur la base et dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale», selon l’Assurance Maladie. Dans le cas d’une MP, l’indemnité journalière versée au salarié est également supérieure à celle versée dans le cas d’un arrêt de travail classique.



