Travailler plus de 55 heures par semaine augmenterait considérablement le risque de décès

Selon une étude menée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l'Organisation internationale du travail (OIT) entre 2000 et 2016, travailler 55 heures ou plus par semaine augmenterait de 35 % les risques de subir un accident vasculaire cérébral (AVC). La pandémie de Covid-19 pourrait avoir aggravé les surcharges de travail.

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télétravail
En 2016, 8,9 de la population mondiale aurait travaillé plus de 55 heures par semaine en moyenne. (Illustration)

Une enquête interne réalisée auprès de jeunes employés de la banque d'investissement Goldman Sachs avait révélé en mars 2021 qu'ils travaillaient en moyenne 98 heures par semaine. Le PDG David Solomon avait réagi en annonçant plusieurs mesures pour tenter de réduire les excès. Passer sa vie au bureau peut en effet s'avérer extrêmement dangereux, comme le confirme une étude menée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l'Organisation internationale du travail (OIT) entre 2000 et 2016 et publiée lundi 16 mai dans la revue Environment International.

Après avoir synthétisé des chiffres provenant de dizaines d’études et portant sur des centaines de milliers de participants, les auteurs sont arrivés à un constat sans appel : travailler plus de 55 heures par semaine nuit gravement à notre santé. Concrètement, ce rythme augmenterait de 35 % les risques de subir un accident vasculaire cérébral (AVC) et de 17 % les risques de mourir d’une cardiopathie ischémique, par rapport à des horaires plutôt compris entre 35 à 40 heures par semaine. L’OMS et l’OIT estiment qu'en 2016, 8,9% de la population mondiale a travaillé au moins 55 heures par semaine et que 398 000 personnes sont mortes d’un AVC et 347 000 d’une maladie cardiaque pour avoir subi ces horaires disproportionnés.

Des frontières floues

Entre 2000 et 2016, le nombre de décès par AVC causés par une surcharge de travail aurait augmenté de 19 %. Une grande partie des victimes seraient des hommes âgés de 60 à 74 ans. Les horaires trop conséquents auraient la même influence néfaste sur les personnes des deux sexes, mais ils causeraient la mort de plus d'hommes, car ces derniers sont généralement plus représentés dans le monde du travail. Les employés du Pacifique occidental et de l'Asie du Sud-Est seraient les plus affectés par ce type de danger.

Ces chiffres inquiétants ne semblent pas surprendre Bruno Mettling, ancien DRH d'Orange et désormais président du cabinet de conseil Topics. « Avant, le travail était associé à un lieu déterminé, avec des coupures claires. Mais pour une bonne partie de la population, il est aujourd'hui tout à fait possible de travailler en dehors des horaires convenus, en restant continuellement connecté ». Un phénomène encore accentué par l'épidémie de Covid-19, car les confinements et la généralisation du télétravail ont brouillé les limites séparant vie professionnelle et vie privée.

Promouvoir le droit à la déconnexion

« Ce type de schéma génère une perte de repères, avec un bouleversement des cycles de travail et une sollicitation excessive du cerveau. Dans un certain nombre de cas, il est susceptible de produire un impact néfaste sur la santé des employés », poursuit l'ancien DRH. Il précise cependant qu'avec 39,1 heures de travail en moyenne chaque semaine, les Français se situent dans une moyenne plutôt bonne par rapport à leurs voisins européens, sans pour autant être moins productifs. La situation des cadres et des non-salariés reste néanmoins préoccupante, avec respectivement 43,1 et 45,3 heures hebdomadaires en moyenne selon l'INSEE.

Comment dès lors s'assurer que les salariés respectent les limites légales et ne mettent pas leur santé en jeu ? Selon Bruno Mettling, la revendication du droit à la déconnexion est essentielle. « Pour le favoriser, il est nécessaire que les employeurs ouvrent le débat sur la charge de travail. Ils peuvent également organisent des formations managériales afin d'enseigner le bon usage des outils numériques ou encore investir dans des systèmes qui permettent de repérer une surcharge ». Il précise par exemple que désactiver les alertes e-mail du bureau n'est pas un drame et peut au contraire permettre de gagner en tranquillité et de se concentrer sur la tâche à accomplir.

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