C’est un exercice record que le groupe Nexans a annoncé mercredi 15 février. En forte hausse, le bénéfice de l'entreprise pour 2022 a atteint 248 millions d’euros (+51% par rapport à 2021). A l’exception de son activité télécoms qui stagne, les quatre autres (production d’énergie et transmission, distribution, usages et industrie) sont en croissance. Avec un chiffre d’affaires global de 8,4 milliards d’euros (+11,8%) et un Ebitda qui passe de 463 à 599 millions d’euros, l’industriel profite de la montée en puissance de l’électrification qui s’opère aux quatre coins de la planète.
Particulièrement performantes, les activités «usages» (qui couvre les bâtiments) et «distribution» (pour les réseaux sur les territoires) enregistrent une hausse de chiffre d’affaires de 13,5% (plus de 1,8 milliard d’euros) pour la première, et de 12,7% (près de 1,1 milliard d’euros) pour la seconde. Leurs Ebitda respectifs croissent de 76,2 % et de 51,3% par rapport à 2021. L’activité «production d’énergie et transmission» connaît elle aussi une hausse de son chiffre d’affaires de 12,1% (897 millions d’euros), pour un Ebitda en progression de 1,5% (145 millions d’euros).
Niveau de commandes inédit
Nexans récolte les fruits de sa stratégie «Wind of change» annoncée en 2021. Cette dernière doit transformer l’industriel généraliste en «pure player» de l’électrification d’ici à 2024. «Alors que, partout, les investissements dans les réseaux électriques montent en flèche, nos activités d'électrification sont en croissance organique de 12,9 %, avec un Ebitda robuste et un carnet de commandes ajusté record du segment Production d’énergie & Transmission», commente Christopher Guérin, directeur général de Nexans. Le groupe revendique un niveau de commandes «inédit» d’un montant de 3,5 milliards d’euros (+51%) à fin décembre 2022. Le groupe précise que ses usines de Charleston (Caroline du Sud, aux Etats-Unis) et de Halden (Norvège), toutes deux spécialisées dans la fabrication de câbles sous-marins, sont chargées à 90% jusqu’en 2025.
L’avenir du groupe se dessine aussi à travers ses acquisitions. Nexans s’apprête à mettre la main sur Reka Cables, une société finlandaise dont les activités sont liées à la distribution et aux usages. Cette opération fait suite à l’achat de la société colombienne Centelsa. Parallèlement, la cession des activités télécoms est au programme. A cette fin, Nexans indique être en négociation avec Syntagma Capital, un fonds de capital investissement belge. Dans ce contexte, le fleuron français prévoit en 2023 un Ebitda entre 570 et 630 millions d’euros (hors acquisitions et cessions non-finalisées en 2023) et une trésorerie entre 150 et 250 millions d’euros. «Nexans poursuivra sa stratégie axée sur la croissance en valeur plutôt qu'en volume pur (…) pour transformer la croissance conjoncturelle en croissance structurelle, ainsi que de ses investissements sur les marchés en croissance de la Production d'énergie & Transmission», indique le groupe, qui emploie 28 000 collaborateurs répartis dans 42 pays.



