Nouveau logo, nouvelle plateforme, nouvelle stratégie. Lundi 6 septembre, Renault a dévoilé la Mégane E-Tech Electric. En l’absence de Stellantis, la voiture fabriquée en France va représenter la filière automobile tricolore au salon IAA Mobility de Munich en Allemagne. Le modèle incarne aussi la “Renaulution”, le virage tactique du constructeur pour améliorer sa rentabilité.
Renault construit déjà la voiture électrique la plus vendue en France en 2020: la citadine Zoé. En branchant sa Mégane, le constructeur veut se renforcer sur un segment qui dégage plus de marges que les petites voitures: celui des compactes. "La technologie électrique est mature pour monter d’un cran et aller des clients du segment B aux clients du segment C", met en avant Bruno Vanel, le directeur de la performance produit de la marque au Losange. Selon l’entreprise, le segment C représente aujourd’hui 39% du marché européen.
Renault La Mégane électrique arbore le nouveau logo Renault baptisé "Nouvel'R". Crédit: Renault
Le directeur général de Renault, Luca de Meo, n’avait pas caché son intention: concurrencer la gamme ID de Volkswagen sur le marché européen. Le constructeur français reste discret sur le prix de sa Mégane électrique. Il se murmure toutefois que les tarifs pourraient avoisiner ceux de l’ID 3, vendue à partir de 34 750 euros.

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Moteur fabriqué à Cléon
Côté industrialisation, Renault prévoit sans surprise de mobiliser ElectriCity, son nouveau pôle dédié à l’électrique dans les Hauts-de-France. La Mégane va être assemblée à l’usine de Douai (Nord), où s’était rendu le président de la République en juin. C’est sur le même site que sera fabriquée la plateforme CMF-EV, co-développée par l’alliance Renault-Nissan.
La voiture va aussi être équipée d’un nouveau moteur. Comme celui de la Zoé, il sera fabriqué à Cléon (Seine-Maritime) mais il comporte plusieurs améliorations: il devrait peser 10% de moins, pour une puissance améliorée de 52% dans sa version la plus performante. Deux versions seront proposées: 96 kW (130 chevaux) pour 250 Nm de couple ou 160 kW (218 chevaux) pour 300 Nm. Renault espère séduire les amateurs de pilotage avec une accélération de 0 à 100 km/h en 7,4 secondes.
Renault Renault compte produire jusqu'à 400 000 véhicules par an sur son pôle ElectriCity. Crédit: Renault
Renault continue de parier sur la même technologie: un moteur synchrone à rotor bobiné. Contrairement à la ID.3, cette architecture permet de se passer d’aimants permanents et donc de terres rares. "Pour nous, c’est la technologie d’avenir des moteurs électriques, défend Olivier Brosse, directeur de l'ingénierie de la marque Renault. Nous considérons qu’à faible charge et à faible vitesse, il y a une performance augmentée en NVH [pour "noise, vibration & harshness", ndlr] et en acoustique. C’est un vrai saut. Les usages clients sont assez fréquents dans cette plage de faible charge et faible vitesse".
Autre particularité du nouveau moteur électrique de Renault: "Nous avons fait le choix d’avoir un moteur refroidi à l’huile", présente Olivier Brosse. Ce système permet notamment de réutiliser l’énergie perdue par le groupe motopropulseur pour chauffer l’habitacle.
Deux capacités de batteries
Renault va proposer deux capacités de batteries sur sa Mégane: un accumulateur de 40 kWh, pour une autonomie de 300 kilomètres, et un autre de 60 kWh, capable d'aller jusqu’à 470 kilomètres. Selon le constructeur, il suffira d’un court arrêt de charge de 30 minutes pour effectuer des trajets comme Paris-Lyon ou Paris-La Rochelle. "Nous pensons qu’avec une nouvelle génération de véhicules électriques, nous allons plus toucher les gens en zone périurbaine et urbaine, justement parce que ce sont des gens qui prennent l’autoroute", analyse le directeur de la performance produit.
Renault L'éclairage de la voiture est 100% LED à l'avant et à l'arrière. Crédit: Renault
Renault fait valoir l’expérience acquise sur ses Zoé. "Depuis 2012, toutes les Zoe que nous avons vendues sont connectées, souligne Bruno Vanel. Nous avons une multitude d’informations qui nous ont permis de mieux travailler sur nos batteries". Parmi ces enseignements, le constructeur a constaté que ses utilisateurs utilisaient beaucoup la fonction de pré-conditionnement qui permet de dégivrer ou climatiser la voiture avant d’embarquer.
La nouvelle Mégane intègre ainsi une technologie de gestion prédictive de la recharge. Cet outil "utilise le trajet programmé sur le système de navigation du véhicule pour mettre la batterie à la bonne température à l’approche d’un point de recharge prévu", détaille Renault dans un communiqué.
Contenu technologique
Renault a soigné le design: poignées affleurantes, signatures lumineuses, éléments en bois dans l’habitacle… Le constructeur succombe à la tendance des gros écrans. L’afficheur numérique du tableau de bord a été unifié à l’écran multimédia de la console centrale. "Soit un total de 774 cm3 pour un espace digital embarqué", fanfaronne la marque.
Renault Des animations lumineuses et un imposant écran composent le système d'infodivertissement de la Mégane électrique. Crédit: Renault
Le véhicule compte 26 systèmes d’aides à la conduite pour assurer une conduite semi-autonome de niveau 2. Parmi ces fonctionnalités: un limiteur de vitesse intelligent, le freinage automatique d’urgence en marche arrière, le stationnement semi-automatique... "Nous allons faire de Renault une marque de techno, de services, de l'énergie", annonçait Luca de Meo en janvier dernier. Un engagement qui se traduit concrètement dans le nouveau modèle de la marque au Losange.



