La plate-forme CMF-EV, nouvelle arme de Renault (et de l’Alliance) dans l’électrique

Renault a présenté le 15 octobre la Mégane eVision, qui préfigure un SUV électrique de série. Ce nouveau modèle est basé sur la nouvelle plateforme CMF-EV développée par l’Alliance.

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Renault Mégane eVision
Le showcar Mégane eVision, qui préfigure un modèle de série, repose sur la nouvelle plateforme de l'Alliance CMF-EV.

Un avant-goût du futur modèle à batteries de Renault. Le constructeur automobile français a présenté jeudi 15 octobre un nouveau concept, la Mégane eVision, dans le cadre de son événement dédié à la mobilité de demain et baptisé "Renault eWays". Ce showcar préfigure

le nouveau SUV coupé électrique que le groupe au Losange doit lancer en fin d’année prochaine. Sa production sera assurée par l’usine de Douai (Nord), choisie pour assurer l’industrialisation de la nouvelle plate-forme modulaire CMF-EV.

La voiture de série dérivée de la Mégane eVision sera en effet la première à adopter cette nouvelle plate-forme entièrement dédiée à l’électrique, développée conjointement par Renault et Nissan. "C’est la première fois que nous sommes allés aussi loin dans la conception d’une plate-forme", se félicite Jean-Paul Drai, directeur ingénierie des projets voitures électriques de Renault. Pour la bâtir, "une dizaine d’ingénieurs" a été dépêchée au Japon.

Travail depuis 2016

Dans le cadre du schéma "leader-follower" déployé dans l’Alliance, c’est en effet Nissan qui a fait office de référent sur le projet. "Les travaux de l’équipe commune ont débuté fin 2016, pour définir le cahier des charges et construire des pièces communes", ajoute Jean-Paul Drai. Grâce à un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros, supporté à moitié par Renault et Nissan, l’Alliance dispose d’un nouvel outil capable de couvrir plusieurs segments.

Avant Renault, c’est Nissan, avec son SUV Ariya, qui a étrenné la plateforme CMF-EV. Un modèle de segment C, tandis que la Mégane eVision (et ses 4,21 mètres de longueur) se rapproche des dimensions du segment inférieur. Sous le capot, les différences existent également. L’Ariya dispose d’une version à quatre roues-motrices. Un deuxième moteur est alors implanté à l’arrière. Une option écartée par Renault, mais possible grâce à la modularité de la plateforme CMF-EV.

Economies d’échelles

Dans les deux cas, la plateforme prévoit l’implantation des batteries en longueur et hauteur, au niveau du plancher du véhicule. Leur puissance peut grimper jusqu’à 87 kilowatts. Le modèle Renault dispose de 60 kilowatts, pour une autonomie attendue autour de 450 kilomètres. De quoi permettre au véhicule de série de "parcourir des distances type Paris-Lyon dans des temps comparables aux véhicules thermiques, pauses comprises", prédit Renault dans un communiqué.

En parallèle, le travail de l’équipe franco-japonaise sur la CMF-EV devrait permettre d’assurer des économies d’échelles à l’Alliance, puisque "sur une même gamme, 90% des pièces sont communes sur la plateforme", certifie Jean-Paul Drai. Le showcar de Renault embarque ainsi un nouveau moteur commun à l’Alliance, d’une puissance de 160 kilowatts. Avec une spécificité : il s’agit toujours d’un moteur à rotor bobiné, comme celui de la Renault Zoé.

Au moins deux Renault sur la plateforme

"Cette technologie permet d’obtenir un gain de 2 à 3% en termes de rendement à haute puissance, ce qui est important au niveau de l’autonomie", justifie Gilles Le Borgne, directeur de l’ingénierie du groupe. Renault et Nissan devraient aussi se fournir auprès d’un même fabricant de cellules de batteries, le coréen LG Chem, pour leurs applications en Europe. Pas encore un approvisionnement 100% européen. Mais en mai dernier, Renault s’est résigné à rejoindre la coentreprise ACC de PSA et Saft.

Reste à voir à quelle échéance ces futures cellules 100% européennes pourraient équiper les modèles de Renault. En attendant, le constructeur devrait continuer à dérouler ses produits sur cette nouvelle plateforme. En mars dernier, Renault avait annoncé le lancement d’au moins deux véhicules basés sur la CMF-EV. L’arrivée de la Spring côté Dacia devrait aussi permettre au groupe au Losange d’étoffer son offre dans le 100% électrique, alors que la concurrence ne cesse de croître. 

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