Un projet de diversification pour le moins réussi. Installée à Courpalay (Seine-et-Marne), l’exploitation agricole de la famille Rabourdin s’est lancée dans la bière en 2001. Alors que le vingt-cinquième anniversaire de l’entreprise pilotée par Hubert Rabourdin se profile, le site a fière allure avec ses cuves rutilantes. Il fournit notamment les bières sur lesquelles Monoprix appose sa marque. La brasserie vend aussi dans les supermarchés d’Ile-de-France sous marque propre, la Briarde.
Des volumes en baisse avec la crise du marché
Ses bières sont brassées avec les orges de l’exploitation familiale, uniquement celles de printemps, de meilleure qualité que celles d’hiver. Après la récolte, les céréales sont expédiées tous les trois mois par lot de 56 tonnes à la malterie de Pithiviers-le-Vieil (Loiret), propriété de Soufflet Malt, à 100 kilomètres de là, puis retournent à la brasserie. Une belle histoire familiale qui a su profiter de l’essor du marché de la bière dans les années 2010, mais qui doit composer aujourd’hui avec le retournement du marché.
«Ce n’est pas la crise absolue, mais c’est une période où il faut faire attention à la gestion de l’entreprise», résume Hubert Rabourdin, dont la brasserie emploie dix personnes. D’après Brasseurs de France, le principal lobby du secteur, en 2024, pour la deuxième année de suite, le marché était en baisse, d'environ 3% en volume. Mais il a progressé en valeur en raison des hausses de prix. S’ajoute à cela le fait que la brasserie a perdu un client et de l’espace de vente avec la bascule de supermarchés Casino (même groupe que Monoprix) sous la bannière d’Intermarché. Résultat, les volumes sont d'environ 8 000 hectolitres, loin de l’objectif des 10 000.
Des fermetures de brasseries encore à venir ?
Brasseurs de France indique que 250 brasseries – très majoritairement de petites unités – ont fermé l’an dernier en France et s’attend à 50 fermetures supplémentaires cette année. Profitant de l’essor du marché local au cours de la dernière décennie, la France comptait près de 2 600 brasseries début 2024. Le secteur connaît donc une restructuration après une période de croissance mirifique. La brasserie Rabourdin sera-t-elle capable de tirer son épingle du jeu ?



