L’italien Marcegaglia va produire de l’acier bas carbone à Fos-sur-Mer grâce au nucléaire d’EDF

L’italien Marcegaglia a signé le 24 juin avec EDF une lettre d’intention pour un contrat d’allocation de production nucléaire (CAPN) afin d’alimenter la production d’acier décarboné à Fos-sur-Mer sur l’ancien site d’Ascometal. Le projet, dévoilé en mars, voit son coût réévalué à 850 millions d’euros.

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signature CAPN EDF Mercegaglia le 24 juin à Paris
Signature par Marc Beynaoum, directeur exécutif d'EDF et Antonio Mercegaglia d'une lettre d'intention pour un contrat d'achat d'électricité nucléaire le 24 juin à Paris.

Bonne nouvelle pour Bernard Fontana, le nouveau PDG d’EDF. Les ajustements sur les modalités de vente des contrats d'électricité adossés au nucléaire historique aux industriels portent leurs fruits. Le 24 juin, à Paris, le président d’un groupe d’acier italien familial, Antonio Marcegaglia, a signé une lettre d’intention pour un contrat d’allocation de production nucléaire, ou CAPN, avec le directeur exécutif du groupe EDF chargé des clients, services et territoires, Marc Benayoum. Le contrat doit être signé «en septembre ou octobre», annonce Antonio Marcegaglia. Il s’agit d’alimenter un nouveau four à arc électrique pour la production d’acier bas carbone sur l’ancien site d’Ascometal à Fos-sur-Mer, racheté en mai 2024, dont la mise en service est prévue en 2028. La durée du CAPN, encore en discussion, sera «de 10 ou 15 ans, et s’achèvera soit en 2038, soit en 2043», précise le dirigeant de Marcegaglia.

Marcegaglia, un fournisseur de produits en acier de 7500 salariés et 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec 37 sites dans le monde, a en effet décidé d’investir 850 millions sur le site de Fos pour produire une partie de l’acier qu’il consomme. Le four existant, qui produit 70000 tonnes par an d’acier spécial, va être modernisé. Et un nouveau four à arc électrique, d’une capacité de 1,4 million de tonnes, va être installé sur le site. Il sera alimenté à 70 ou 80% en ferraille et 20 à 30% en briquettes d’acier qui viendront en partie d’un de ses sites à Sheffield au Royaume-Uni. Puis, de l’usine d’acier vert du français Gravity, en développement à Fos-sur-Mer, dans laquelle Marcegaglia a investi 4 millions d’euros. Au total, le site de Fos doit produire 2,5 millions de tonnes d’acier plats (bobines à chauds) à partir de 2028, soit 40% de la consommation de Marcegaglia, qui s’approvisionne aujourd’hui à 50% en Europe et 50% en dehors. «Ces 40% ont vocation à remplacer la partie importée hors d’Europe», assure Antonio Marcegaglia.

14 lettres d'intention pour des CAPN signées

Le projet, initialement de 600 millions d’euros, était déjà passé à 750 millions d’euros en mars 2025, et en a encore «pris 10%» avec l’inflation. La décision d’investissement est déjà prise, «depuis l’acquisition du site», explique le dirigeant italien. Pour lui, la lettre d’intention signée avec EDF apporte «la dernière brique nécessaire» pour «lancer les études d’ingénierie dans les prochaines semaines». Le site a déjà une pré-allocation pour un raccordement à une puissance électrique de 360 MW au réseau de transport d’électricité, non tributaire de la construction d’une nouvelle ligne haute tension par RTE, qui fait débat.

Pour EDF, cette lettre d’intention de signature d’un CAPN est la quatorzième signée depuis deux ans, dont deux ont déjà été transformées en contrats. Un CAPN a été signé avec le cimentier Vicat, l’autre avec le belge Tessenderlo, pour des sites industriels en France. Quatre autres CAPN doivent être signées prochainement, indique EDF, (et non "6 à 7, dans les prochains jours" comme déclaré initialement par Marc Benayoum, NDLR). De quoi avancer sur l’objectif annoncé par Bernard Fontana de fournir 40 TWh d’électricité nucléaire à un prix compétitif à l’industrie. «Avec le contrat Exeltium ou celui d’Aluminium Dunkerque, pour les électrointensifs, on va approcher les 20TWh sur un marché qui représente 45TWh. Ensuite, il y a tout le reste de l’industrie pour laquelle il y a des contrats [nucléaires] simplifiés et des offres moyenne durée de 4 à 5 ans. Avant, il n’y avait pas de contrat de plus de deux ans», explique le directeur commercial d’EDF. Il se dit confiant d’atteindre l’objectif.

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