Le site Ascometal de Fos-sur-Mer passe dans le giron de l’italien Marcegaglia

Le tribunal de Strasbourg a validé ce vendredi 31 mai l’offre de reprise du site Ascometal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) par l’italien Marcegaglia. La juridiction a par ailleurs prolongé la période d’observation de l’usine de Leffrinckoucke (Nord) et du pôle d’Hagondange (Moselle) donnant un délai supplémentaire à Acciaierie Venete, Sidenor et Europlasma pour affiner leurs offres.

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Ascometal Fos-sur-mer
Le site d'Ascometal de Fos-sur-mer a trouvé un repreneur : l'italien Marcegaglia.

Le sauvetage de la totalité des 1200 emplois d’Ascometal n’est pas encore acquis. L’audience devant le tribunal judiciaire de Strasbourg (Bas-Rhin) a néanmoins marqué une première étape dans cette direction, en validant ce vendredi 31 mai l’offre de reprise de l’aciérie de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) par l’italien Marcegaglia. Les autres entités du sidérurgiste, placé en redressement judiciaire il y a deux mois à la demande de son actionnaire Swiss Steel, devront encore patienter.

La juridiction a allongé la période d’observation du site de Leffrinckoucke (Nord) et du pôle des aciers spéciaux pour l’automobile d’Hagondange (Moselle) renvoyant son délibéré à une nouvelle audience prévue le 28 juin.

Pour les salariés du site de Fos-sur-Mer, c’est un soulagement, puisque la totalité des 330 emplois seront préservés par Marcegaglia. Le groupe familial de 7500 salariés (chiffre d’affaires de 7,8 milliards d’euros en 2023) a amélioré son offre sur le plan social et envisage par ailleurs d’investir 800 millions d’euros en vue de convertir l’aciérie à la fabrication d’aciers plats, selon plusieurs sources proches du dossier. De quoi renforcer l’aciériste italien qui a transformé 6,5 millions de tonnes d’acier en 2023 dans ses 36 usines.

Nouveau délai

Concernant les autres entités d’Ascometal, les candidats ont jusqu’au 12 juin pour déposer de nouveaux dossiers. Pour le site de Leffrinckoucke près de Dunkerque, où travaillent 170 salariés, des offres avaient été mises sur la table par l’Espagnol Sidenor et le Français Europlasma, récent repreneur de Valdunes, également dans le Nord, dernier fabricant de roues de train en France et en Europe. Pour sa part, l’italien Acciaierie Venete, seul candidat connu à la reprise du pôle des aciers spéciaux pour l’automobile, a eu la surprise de voir surgir à l’audience un concurrent, le même Europlasma, repreneur en série d'entreprises en difficultés.  Leurs offres portent sur le périmètre de l’aciérie d’Hagondange, des sites d’usinage et de parachèvement de Custines (Meurthe-et-Moselle) et de Saint-Etienne (Loire) et du centre de recherche-et-développement d’Hagondange.

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Alain Hilbold, coordinateur syndical central CFDT chez Ascometal, dit «le sentiment d’assister à une partie d’échec où chaque joueur positionne ses pions». La société Acciaierie Venete a effet suscité la stupeur des salariés le 25 mai dernier en indiquant dans un communiqué que «malgré les efforts qu’elle poursuit de longue date, et le soutien actif de l’Etat français […] les conditions prévues par son offre n’étaient pas satisfaites». L’entreprise transalpine suspend ainsi son plan de reprise de la totalité des 650 salariés du pôle automobile (hors intérimaires) et de 30 millions d’euros d’investissement en capital au financement du désamiantage de la toiture et du dépoussiérage du site d’Hagondange, un chantier évalué à 11 millions d’euros.

Ce revirement n’est pas le premier du groupe de 1500 collaborateurs (chiffre d'affaires de 1,9 milliard d'euros en 2022). En mars dernier, l’italien avait mis fin aux négociations exclusives engagées en décembre 2023 avec Swiss Steel, invoquant «l’incapacité d’Ascometal France Holding à satisfaire seule les conditions nécessaires à la vente».

Vers une levée de la grève à Hagondange

Les réactions n’ont pas tardé. Les salariés ont entamé un blocage de la production et des expéditions du site d’Hagondange lundi 27 mai – un mouvement qui devrait être levé aujourd’hui 31 mai, a-t-on appris de source syndicale. Les élus de la communauté de communes Rives de Moselle, où est implanté le site industriel, siège du groupe, ont écrit cette semaine au Premier ministre Gabriel Attal, se disant prêt à participer au capital d’Ascometal à hauteur de 15 millions d’euros si l’Etat français ne répondait pas favorablement «à la sollicitation de participation en capital émise par le repreneur».

Alors qu’Ascometal affronte son troisième redressement judiciaire en dix ans. Philippe Verberke, coordinateur national CGT pour la filière sidérurgie, estime que «la responsabilité du gouvernement est engagée» et insiste sur l’importance de préserver les savoir-faire du groupe dans la production «d’aciers spéciaux de haute technologie» pour les marchés des transports, de la mécanique, de l’énergie et de la défense.

Le député de Moselle, Belkhir Belhaddad considère pour sa part que «les pouvoirs publics ne restent les bras croisés» citant l’engagement du ministère de l’Industrie, du CIRI (Comité interministériel de restructuration industrielle) et de la Région Grand Est sur ce dossier. Le parlementaire Renaissance évoque la proposition de l’Etat français de garantir les prêts d’Acciaierie Venete via Bpifrance et d’examiner la possibilité de prêts directs pour accompagner la reprise. Il cite également «l’annulation d’une créance d’Ascometal à l’occasion du collectif budgétaire 2024», en l’occurrence l’abandon de tout ou partie des créances détenues sur la société Ascometal Hagondange à hauteur de 45 millions d'euros en capital.

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