Le projet de reprise de trois sites français d’Ascometal par Acciaierie Venete se précise

L’italien Acciaierie Venete est venu les 8 et 9 janvier à Hagondange (Moselle) exposer aux représentants des salariés d’Ascometal son projet de reprise de trois usines françaises du groupe. Le nouvel actionnaire prévoit de conserver les 715 salariés et injecterait 60 millions d’euros pour remettre à niveau la trésorerie et l’outil industriel.

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Site Ascometal à Hagondange (Moselle).
Le groupe Swiss Steel se sépare de trois usines et un site de R&D de sa filiale française Ascometal basée à Hagondange (Moselle).

Les contours du projet de cession de trois usines françaises du groupe Ascometal se précisent. Le futur repreneur, le groupe italien Acciaierie Venete, a rencontré les 8 et 9 janvier les représentants des 715 salariés (apprentis et intérimaires inclus) des sites concernés par l’opération : l’usine d’Hagondange (Moselle), un des deux sites principaux d’Ascometal avec un total de 536 salariés, mais aussi les sites de transformation à froid de Custines (Meurthe-et-Moselle) et de Saint-Etienne (Loire), ainsi que le centre de recherche-et-développement d’Hagondange.

L’accord final pourrait intervenir autour du 20 février 2024, précise un porte-parole d’Acciaierie Venete, «dans la mesure où le projet de reprise à reçu un accueil extrêmement favorable de la part des organisations représentatives des salariés». Et pour cause : celui-ci prévoit la conservation de tous les emplois ainsi qu'un investissement de 60 millions d'euros pour mettre à jour l'outil industriel et équilibrer la trésorerie.   

Les sites de Fos-sur-Mer et Dunes restent dans le flou

Alain Hilbold, coordinateur syndical central CFDT chez Ascometal, considère en effet que le repreneur «affiche la solidité financière nécessaire à la pérennisation des activités industrielles», avec un excédent brut d’exploitation ou Ebitda de 16,6% pour un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d'euros en 2022. Le représentant du personnel se dit par ailleurs «confiant» dans la volonté du groupe familial transalpin de 1 500 salariés de développer ses futures usines françaises et considère le maintien de la totalité des emplois comme «un signal fort».

Le propriétaire actuel, Swiss Steel, s’était mis en quête d’un repreneur pour sa filiale Ascometal de 1 300 salariés il y a environ un an. Annoncé le 20 décembre dernier, le projet de cession de trois de ses usines vise à redonner des marges de manœuvre au groupe suisse de 10 000 personnes (anciennement Schmolz + Bickenbach), alors que son chiffre d’affaires est en recul de 20% au premier semestre 2023 et qu’il est engagé dans un plan de restructuration. En revanche, cette opération n’éclaire pas l’avenir de l’autre grand site de production d’Ascometal, celui de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), tout comme que celui des Dunes (Nord) qui ne figurent pas dans la négociation avec Acciaierie Venete.

Nouvelle identité

L’Italien indique avoir ciblé les sites d’Ascometal spécialisés dans les aciers pour l’automobile, un marché complémentaire à ses activités. Afin de relancer les usines françaises, le nouveau propriétaire prévoirait d’injecter 60 millions d’euros, à raison de 30 millions d’euros pour augmenter les capitaux propres de ses nouvelles entités et 30 millions d’euros sur deux ans pour remettre à niveau leurs outils industriels, a appris L'Usine Nouvelle de source syndicale.

Le groupe italien envisage par ailleurs de regrouper ses activités dans l’Hexagone dans un nouveau holding baptisé Ascoven. L’image d’Ascometal aurait été écornée par la valse des propriétaires depuis les années 2000 (Severstal, Appollo, Frank Supplisson, Swiss Steel) et deux placements en redressement judiciaire en 2014 et 2017.

Une relance attendue des salariés

Cette relance est très attendue par les salariés car, selon une source proche du dossier, depuis sa reprise d’Ascometal en 2018, une importante partie du soutien de Swiss Steel a été engloutie dans la gestion des urgences liées aux crises successives : pandémie de Covid, ralentissement du marché automobile et crise énergétique.

Le groupe transalpin connait bien Ascometal pour avoir déjà été candidat à sa reprise il y a dix ans. L’aciériste était alors passé sous la coupe de l’homme d’affaires Frank Supplisson, soutenu par le ministre de l’Economie de l’époque Arnaud Montebourg. Sur le territoire lorrain, le groupe né en 1932 à Hagondange sur la base de la production de tôles pour le constructeur Renault, reste malgré tout un symbole.

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