Le feuilleton de l’aciériste Ascometal se poursuit au fil des années. Cinq ans après sa reprise à la barre du tribunal par un actionnaire suisse, une partie de l’entreprise devrait désormais passer sous pavillon italien. L’aciériste Acciairie Venete, dont le siège est situé à Padoue, est entré en négociation exclusive avec le propriétaire actuel d’Ascometal pour reprendre trois de ses sites français ainsi que les activités d’un centre de R&D. Un périmètre qui compte un effectif global de 700 salariés.
Reprise d'un site de coulée et de deux sites de transformation
Le rachat porte sur l’un des deux sites principaux d’Ascometal, celui de Hagondange en Moselle où sont réalisées des coulées continues pour des barres rondes laminées principalement à destination du marché automobile. Une installation qui comptait au 31 octobre dernier 536 salariés (apprentis et intérimaires inclus) et qui a connu une période de chômage partiel à l’automne 2023. L’autre grand site de production, celui de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), qui produit lingots, billettes, largets, fil machine, barre n’est pas dans la négociation.
En plus du site principal de Hagondange, l’italien négocie aussi le rachat de deux plus petits sites de transformation à froid, celui de Custines (Meurthe et Moselle) et du Marais (Loire) ainsi que les activités d'un centre de recherche en Moselle.
Un grand actionnaire à la peine
Le propriétaire actuel, Swiss Steel qui compte 10 000 salariés et environ 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2023 a dévoilé la négociation en cours, sans beaucoup de précision sur ses conditions, car les réunions d’information aux instances représentatives du personnel d’Ascometal se tiendront à partir du 8 janvier 2024. Swiss Steel dont le chiffre d’affaire était en recul de 20 % au premier semestre 2023, est engagé dans un plan de restructuration et cherchait à se défaire de certains actifs. Le groupe était déficitaire sur le premier semestre 2023. De son côté Acciairie Venete est intéressé par des sites qui présentent des complémentarités avec ses activités actuelles. Le futur acquéreur est une entreprise familiale, non cotée, dirigé par Alessandro Banzato. Elle dispose déjà de 10 sites de production, compte 1500 salariés et développe une capacité de production de 2 millions de tonnes d’acier par an.
Rachat par un groupe familial
Selon une source interne, l’italien a choisi les sites qui présenteraient la meilleure (ou la moins pire rentabilité) et un potentiel de modernisation. Il cherche à développer ses capacités de production hors d’Italie et promet «un plan d’investissement ambitieux sur les sites concernés [par le rachat]», dans un communiqué. En 2018, au moment de la précédente reprise le PDG de Swiss Steel (nommé Schmolz + Bickenbach à l’époque) indiquait vouloir arrêter l’activité d’aciérie du site d’Hagondange et le train de fil de Fos-sur-Mer pour les alimenter à partir de ses aciéries allemandes. Un projet qui ne s’est pas réalisé. Un représentant de Swiss Steel indique que ce groupe n'a procédé à aucune compression de personnel sur les sites industriels depuis 2018.
Pour les deux sites d’Ascometal absents de la transaction en cours, celui de Fos-sur-Mer et de de Dunes à côté de Dunkerque (Nord) c’est l’inconnue. «Toutes les options sont étudiées pour assurer leur avenir», selon le communiqué de Swiss Steel qui cherche probablement à s’en défaire également.



