Etude

Une note juge l'hydrogène, les bioénergies et le captage de CO2 non prioritaires pour décarboner la France

Dans une note intitulée «comment décarboner au moindre coût», le Haut-commissariat à la stratégie et au plan fixe neuf solutions à déployer en priorité pour atteindre la neutralité carbone, et celles qui devront attendre après 2035.

Haut-fourneau
Remplacer les hauts-fourneaux par la réduction directe du minerai au gaz, une des neuf priorités pour décarboner la France.

La note du Haut-commissariat à la stratégie et au plan va faire grincer des dents dans les filières bioénergies, hydrogène et captage de CO2. Le 2 juillet, ce dernier a sélectionné et hiérarchisé les actions de décarbonation à mener, secteur par secteur, pour l’objectif de réduire de 50 % les émissions brutes de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990. L'institution s'est basée sur les travaux de la 3e commission Quinet sur la valeur de l’action pour le climat, qui réévalue à 256 euros en 2023 la tonne de CO2 évitée contre 187 € en 2019, et sur ceux de la commission Criqui sur les coûts d’abattement dans l’agriculture, non publiés.

Une analyse purement socio-économique, basée sur l’efficacité de l’euro investi, mais qui ne prend pas en compte les gains en souveraineté, énergétique notamment, ou les solutions low-tech ou de comportement, difficiles à chiffrer, comme la sobriété, la végétalisation de l’alimentation ou le report modal, «dont la pertinence des infrastructures dédiées doit être évaluée au cas par cas», précise néanmoins la note.

Neuf actions prioritaires

Pour décarboner l’industrie, la priorité est de s’attaquer au ciment et à l’acier, mais en repoussant les solutions de captage de CO2 «à un avenir proche» pour le ciment et l’acier, et de réduction directe du minerai à l’hydrogène pour l’acier à moyen terme. À court terme, priorité, pour le ciment, à la substitution partielle d’argiles calcinées au clinker, et pour l’acier au remplacement des hauts fourneaux par la réduction directe du minerai au gaz naturel, même s’il ne permet qu’une décarbonation partielle, ou la technologie d’électrodéposition. Pour le reste de l’industrie, les solutions d’efficacité énergétique et d’électrification devront être étudiées au cas par cas.

Pour l’énergie, la priorité immédiate est de développer des capacités de production d’électricité nucléaire et renouvelable. L’hydrogène pourrait ensuite être amené à jouer un rôle pour l’équilibrage du système électrique mieux au-delà de 2035. Pour le bâtiment, la priorité est à la rénovation des cinq millions de passoires thermiques, et à l’installation de pompes à chaleur air/eau. Le reste du parc peut attendre un peu. La géothermie, pourtant chère à l'ex-haut-commissaire au plan François Bayrou, n'est même pas évoquée.

De même dans les transports, c’est sur l’électrification du parc de véhicules particuliers qu’il faudrait concentrer l’action, celle des poids lourds n’étant considérée comme prioritaire qu’à moyen terme. En revanche, les surcoûts de production des carburants alternatifs, biométhane et biocarburants, sont considérés comme trop élevés pour décarboner les transports ou le chauffage. Pour l’agriculture, l’accent doit être mis sur la plantation de haies et l’agroforesterie inter-parcellaire, mais aussi sur la réduction des engrais. La réduction du cheptel bovin n’est prioritaire que dans un second temps et encore, la note n’est-elle pas très affirmative.

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