Traité pollution plastique : comment la France veut arriver à un accord à Genève

Même si les négociations sur un traité contraignant contre la pollution plastique qui débutent dans une semaine en Suisse s’annoncent âpres, la France réaffirme ses positions et compte notamment sur la présence de sa ministre de la Transition écologique en fin de session pour aboutir à un accord.  

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Agnès Pannier-Runacher
La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher sera présente à Genève (Suisse) pour la fin des négociations autour d'un traité international visant à réduire la pollution plastique.

La ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, se rendra bien à Genève (Suisse) pour le Comité intergouvernemental de négociation (INC -5.2) qui s’y tient du 5 au 14 août 2025, après l’échec de l’INC-5 qui s’est déroulé en décembre 2024 à Busan en Corée du Sud. “Elle sera sur place du 11 août au soir jusqu’au 14, voire jusqu’au 15 si besoin”, précise-t-on au sein de son cabinet.

En attendant son arrivée, c’est Barbara Pompili, ambassadrice déléguée à l'environnement depuis mars 2025 qui représentera la France et mènera l’équipe de négociateurs hexagonaux. 

Cinq objectifs prioritaires

En dépit de signaux peu encourageant envoyés par les pays dits “Like-minded”, qui refusent toute réduction de la production, lors d’une rencontre informelle des chefs de négociations qui s’est tenue début juillet 2025 à Nairobi au Kenya, le cap de la France et de l’Europe reste inchangé : conclure un traité ambitieux. “Nous aurons cinq objectifs prioritaires : réduction de la production, interdiction des produits dangereux, généralisation de l’écoconception, mise en place un système de financement pérenne, et, obtention d’un texte souple qui puisse évoluer en fonction de l’avancement des connaissances scientifiques”, affiche-t-on au sein du cabinet ministériel. 

Face à la volonté réitérée des pays producteurs de pétrole, principalement, de freiner les négociations en les reprenant quasiment de zéro, la forte présence ministérielle en fin de session semble constituer un premier atout. Peu de représentants de haut-niveau avait fait le déplacement jusqu’à Busan...

Une présidence plus affutée 

“Nous sentons que les discussions seront difficiles, mais le président du comité intergouvernemental de négociation, l'équatorien Luis Vayas Valdivieso, a tiré les leçons de Busan. Je suis plus optimiste sur sa capacité à gérer les pourparlers. Il a montré en juillet à Nairobi sa volonté de préparer les débats avec plus de minutie en prévoyant moins de plénières et plus de groupes de travail. Il désire laisser davantage de temps aux travaux informels qui permettent vraiment de dénouer les problèmes et paraît plus déterminé à trancher en cas de nécessité. Il anticipe tous les scenarios, dont ceux d’obstruction”, explique-t-on de source diplomatique.

Vers un vote ?

Aboutir à un consensus semble aujourd'hui peu probable. Et face à des négociateurs étasuniens désormais très proches de la position des “Like-minded”, c’est sur des positions plus nuancées d’un pays comme la chine que la France compte s’appuyer. 

“Il est possible de quitter Genève avec un accord”, veut-on croire au cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. Quatre scénarios sont envisageables : l’aboutissement à un consensus, un accord acté par un vote, l’organisation d’un Comité intergouvernemental de négociation-5.3 ou le retour vers l’Assemblée des Nations unies pour l'environnement (ANUE) qui avait voté en mars 2024 la résolution ouvrant la voie aux négociations en cours.

En cas d’échec, certains pays, notamment d’Amérique du Sud plaident pour la conclusion d’un “Traité des consommateurs” agissant sur la demande et dont les pays producteurs seraient bien obligés de tenir en partie compte. “Cela pourrait représenter un moyen de sortir d’une situation de blocage et d’inviter les pays récalcitrants à un véritable dialogue”, envisage-t-on de source diplomatique. 

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