Métallurgie : faute de repreneur, l'usine française de l'allemand Allgaier pourrait fermer en 2026

Les négociations autour du plan de sauvegarde l’emploi d’Allgaier France débutent à Faulquemont (Moselle). En l’absence de repreneur, 180 emplois pourraient être supprimés, une conséquence du dépôt de bilan de la maison-mère allemande Allgaier.

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Allgaier Faulquemont
Le groupe allemand Allgaier a déposé le bilan en juin 2023, un an après avoir été racheté par le chinois Westron.

Le secteur de la métallurgie-sidérurgie souffre en Moselle : Après Arcelor-Mittal Florange affecté par un projet de réorganisation national, après la procédure de conciliation ouverte pour l’usine NovAsco (ex Ascometal), c’est au tour de l’équipementier automobile Allgaier France d’être dans la tourmente.

Une première réunion de négociation avec les représentants des 180 salariés du site de Faulquemont (Moselle), principale implantation du groupe allemand dans l’Hexagone, est programmée cette semaine. Elle prolonge l’annonce du projet de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) le 3 juillet dernier en comité social d'entreprise.

Dans un communiqué, la direction d’Allgaier France explique que «la contraction du marché de l’automobile et surtout les difficultés du groupe Allgaier– qui ont conduit à la faillite de la maison mère en Allemagne – ont eu pour conséquence que les clients ont décidé de ne plus passer aucune commande à la société filiale Allgaier France». L’entreprise estime que cette situation contraint la direction à envisager un PSE, «les tentatives pour trouver un repreneur n’ayant pas abouti à ce jour». Contacté par L’Usine Nouvelle, le gérant de l’entreprise, Andreas Baumann, ne souhaite faire aucun commentaire.

L’équipementier allemand Allgaier, important fournisseur du constructeur automobile, a déposé le bilan en juin 2023, un an après avoir été racheté par le chinois Westron. Le cabinet d'avocats Pluta, en charge de l’administration provisoire du groupe d’environ 2000 personnes, a cédé en 2024 deux de ses filiales représentant 300 salariés, les sociétés Mogensen et Allgaier Process Technology.

Risque de fermeture

Un porte-parole de l’administrateur judiciaire rappelle que les salariés ont été informés «très tôt» de la situation de l’entreprise qui «n’a reçu aucune nouvelle commande depuis environ deux ans». Le porte-parole ajoute que «la cession d'Allgaier France s'inscrit dans le cadre d'un vaste processus de fusions-acquisitions visant à céder la division Automobile du groupe Allgaier». Il précise qu’une reprise de la seule filiale hexagonale apparait complexe «car les produits fabriqués en France sont en grande partie en fin de vie et aucun engagement d'achat ferme de la part des clients n'a été pris au-delà de 2025».

Les difficultés rencontrées par la filiale française pourraient conduire d’ici avril 2026 à la fermeture du site de Faulquemont spécialiste de la fabrication de pièces embouties et de composants. Laurent Bourgeois, délégué syndical CFDT chez Allgaier France, évoque «l’inquiétude particulièrement vive parmi les salariés» et explique que la perspective de fermeture est d’autant plus difficile à envisager que «l’usine devait célébrer ses 50 ans en 2027» et que l’annonce du PSE intervient «après deux années de résultats financiers records».

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