De nouvelles aides financières pour soutenir les sous-traitants automobiles. Alors que le marché automobile français est à la peine dans un contexte de concurrence internationale et de transition vers la motorisation électrique, le cabinet du ministre de l’Industrie, Marc Ferracci, annonce que de nouveaux financements vont être débloqués pour aider les équipementiers, maillon incontournable de la filière à l’origine de 75 à 85% de la valeur d’un véhicule.
Si l’Europe a récemment accordé des flexibilités aux constructeurs sur leurs objectifs de ventes de voitures propres, le gouvernement juge primordial désormais de protéger l’amont de la chaîne de valeur. «Il y a eu un paquet de mesures très orientées vers les constructeurs, mais moins vers les équipementiers. L’enjeu des prochains moins va être de basculer dans une logique de filière, pour que ça ruisselle», assure-t-on au cabinet du ministre, qui veut mettre de nouveaux moyens sur la table.
180 millions d'euros d'aides
Un nouvel appel d’offres pour la diversification des sous-traitants automobile, doté d’une enveloppe de 100 millions d’euros, va être lancé d’ici à la fin de l’année 2025 pour accompagner les entreprises dans leur recherche de nouveaux marchés, comme la défense et l’aéronautique, mais également le luxe, l’horlogerie ou l’électronique. «C’est quelque chose qui est déjà engagé depuis plusieurs années dans la Vallée de l’Arve», salue le cabinet de ministre. Marc Ferracci se déplace mercredi 11 juillet dans ce coin de la Haute-Savoie pour visiter les installations de deux industriels directement touchés par la mutation technologique : JCM décolletage et Pernat.
Une seconde enveloppe baptisée CORAM (pour comité d’orientation pour la recherche automobile et mobilité) et dotée d’un montant jusqu’à 80 millions d’euros visera pour sa part à stimuler l’innovation chez les équipementiers, à l’heure où «les véhicules sont de plus en plus complexes avec davantage de fonctionnalités, notamment logicielles», poursuit-on au cabinet du ministre Ferracci.

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Préserver les compétences industrielles
Enfin, troisième mesure : dans la poursuite des actions engagées par le fonds Avenir Automobile, qui investit entre 3 et 50 millions d’euros en fonds propres ou quasi-fonds propres dans des entreprises de la filière, le gouvernement souhaite «construire nouvel outil financier pour accompagner les consolidations et les diversifications, en dette ou en fond propre». Sans plus de précisions à ce stade.
L’ensemble de ces mesures vise à assurer à long terme la pérennité des implantations industrielles en France, pour «préserver le maximum de compétences industrielles sur le territoire, très exposé à la concurrence internationale». S’il peine encore à se faire entendre au niveau européen, le gouvernement français pousse depuis plusieurs mois, sous l’impulsion des équipementiers, au premier rang desquels Valeo, pour une préférence européenne dans le choix des pièces qui composent les véhicules fabriqués dans l’Union européenne.
Obliger les flottes d'entreprises à acheter «Made in Europe»
Outre une potentielle obligation de contenu local qui commence à faire son chemin pour «encourager les constructeurs à jouer avec leur écosystème européen», le ministère de l’Industrie souhaite également au niveau supranational obliger les flottes d’entreprises à acheter des véhicules non seulement électriques, mais fabriqués en Europe avec des composants européens.
En France, la récente réforme des avantages en nature liés à l’utilisation d’une voiture de fonction a temporairement grevé le marché mais poussé l’électrification des flottes. «C’est un levier qui ne coûte pas d’argent, mais produit des résultats très significatifs». A Bruxelles, un texte législatif sur le verdissement des flottes est en préparation et devrait être présenté avant la fin de l’année 2025.



