Un rebondissement malheureux et inattendu. Le 27 mars, Ascometal, groupe sidérurgique français, a été placé en redressement judiciaire par la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Strasbourg. Le groupe, repris par Swiss Steel en 2018, suite à un autre redressement, avait pourtant un bon espoir : la reprise de trois de ses sites industriels, y compris le plus grand, à Hagondange (Moselle), par l’aciériste italien Venete.
Une conjoncture défavorable
Un espoir qui s’est depuis éteint, la holding d’Ascometal ayant mis fin aux négociations exclusives. "Acciaierie Venete comprend que cette décision provient de l’incapacité d’Ascometal France Holding à satisfaire seule les conditions nécessaires à la vente", peut-on lire sur un communiqué de l’aciériste italien. Selon la direction d’Ascometal France, contactée par l’Usine Nouvelle, «les conditions de marché se sont dégradées de manière rapide et non anticipable». Plus spécifiquement, elle évoque «la hausse du prix de l’acier, de l’énergie, et la chute des ventes d’acier». Cette conjoncture aurait poussé Ascometal à consommer «une partie du stock et de la trésorerie», au-delà de ce que prévoyaient les conditions des négociations exclusives.
Découpage en vue ?
«Tous les salariés croyaient au projet de reprise de Venete, confie Ugur Yagiz, coordinateur syndical central CFE-CGC chez Ascometal, à L’Usine Nouvelle. On a ressenti cette nouvelle comme un coup de couteau, alors que la vente devait être conclue le 1er avril.»
Désormais, l’avenir des sites d’Ascometal et de ses quelque 1 200 salariés est entre les mains des potentiels repreneurs qui se présenteront, mais un découpage est à craindre. Les sites de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et de Dunes (Nord) étaient déjà en recherche de repreneurs depuis plusieurs mois pour le premier, et quelques semaines pour le deuxième, soit bien avant le placement en redressement judiciaire. Selon les informations de L’Usine Nouvelle, il y aurait deux projets de reprise relativement avancés, plans de financement inclus, pour le site de Fos-sur-Mer, l’un provenant d’un industriel et l’autre d’un fonds de retournement.
Concernant les sites initialement compris dans le périmètre du rachat par Venete, soit ceux de Hagondange, de Custines (Meurthe-et-Moselle) du Marais (Loire), ainsi qu’un centre de recherche en Moselle, Ugur Yagiz se montre sceptique quant à un potentiel retour de Venete dans la partie. Les repreneurs potentiels ont jusqu’au 30 mai 2024 pour se déclarer, et la trésorerie d'Ascometal peut encore tenir «trois mois». Le syndicaliste garde toutefois bon espoir. «Nous avons un atout : deux aciéries électriques avec de l'électricité française décarbonée», tout en reconnaissant qu'un investissement pour «moderniser les outils» sera nécessaire.



