L’économie de l’hydrogène, le transporteur de gaz français GRTgaz y croit. Un de ses homologues allemands, Creos, aussi. Et pas uniquement pour stocker un surplus d’énergies renouvelables sous forme d’hydrogène vert mélangé à du gaz naturel. Et alors que se dessinent le green deal européen et des plans hydrogène en Allemagne mais aussi au Luxembourg pour la mobilité propre, il est temps pour eux de démontrer que la conversion de leur réseau de gaz à l’hydrogène est une réalité.
Convertir 70 km de canalisation de gaz
La preuve. Ces deux membres du groupe de travail Réseau gaz d'Hydrogen Europe, présidé par Thierry Trouvé, le directeur général de GRTgaz, viennent de dévoiler un premier projet de conversion de 70 km de canalisations de gaz à l’hydrogène entre la France et l’Allemagne. Baptisé mosaHYc, pour Moselle Sarre HYdrogène Conversion, il vise à convertir deux canalisations de gaz reliant les plateformes industrielles de Völklingen à Perl dans la Sarre, à celles de Bouzonville et Carling en Moselle. Ce réseau aurait une capacité de transport pouvant atteindre 20 000 m³/h.
GRTGaz Entre la Moselle et la Sarre

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27 Mars 2026
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Si une telle conversion a déjà été réalisée sur quelques kilomètres dans le port de Rotterdam il y a un an et demi, le projet MosaHyc est encore très, très amont. Les deux transporteurs ont bien identifié en France et en Allemagne des projets industriels de production d‘hydrogène vert et un potentiel d'hydrogène pour décarboner les transports qui asphyxient le Grand duché à cause des bouchons routiers, mais rien n‘est lancé. Et la décision de l’investissement, qui serait de "l’ordre de 10 millions d’euros", selon Marion Lacombe, responsable analyse stratégie à la direction stratégie régulation de GRTgaz, ne sera pas prise avant 2022.
Un "alignement de planètes"
Mais "c’est le cas de beaucoup de projets dans l'hydrogène", observe Nicolas Peugniez, adjoint à la direction stratégie régulation de GRTgaz. Selon lui, dévoiler ce projet si tôt est "un moyen de porter le sujet du rôle des infrastructures dans l’hydrogène", de pointer "l’intérêt de ces trois pays" et de montrer qu’il y a dans cette zone "un alignement de planètes" favorable au développement d’un réseau d’hydrogène pur, qui n’obligerait pas à produire la molécule verte à proximité des usages. De plus, le réseau, assez ancien, supporterait mieux l'hydrogène que des réseaux plus récents. Il suffirait de baisser la pression et modifier les processus de contrôle et les équipements d'entrée et sortie. Ce n’est pas le seul endroit transfrontalier favorable. GRTgaz étudie aussi de très près la conversion d'un réseau de gaz B entre la France et la Belgique.



