Produire de l’hydrogène décarboné à partir d’électricité renouvelable via un électrolyseur. Rien de plus facile. Le faire sans être connecté au réseau électrique, en s’alimentant à un parc éolien ou photovoltaïque qui produit par intermittence est plus complexe.
C’est le défi que relève la start-up Lhyfe, créée en 2017 à Nantes (Loire-Atlantique). Comment ? Matthieu Guesné, son fondateur, est peu loquace. On saura juste qu’il a sélectionné les composants électroniques les plus robustes et développé une intelligence logicielle capable de gérer seule l’intermittence en temps réel. Le premier démonstrateur sera installé au pied du parc éolien de la commune de Bouin (Vendée), face à l’île de Noirmoutier, où Lhyfe construit également son centre de R&D et des bureaux sur 4 000 m². Ce pilote industriel a pour vocation de fournir la région en hydrogène à 1,50 euro le litre, un prix équivalent à celui de l’essence, selon le projet H2Ouest de Lhyfe, sélectionné par l’Ademe dans le cadre de son appel à projets "Écosystèmes de mobilité hydrogène". Mais la start-up nantaise, qui a déjà levé 8 millions d’euros, voit plus loin. Au large, notamment. Sa technologie doit lui ouvrir un nouveau marché, celui de la production d’hydrogène en mer, au pied des parcs éoliens offshore. Lhyfe se voit même déjà en producteur indépendant, installant ses électrolyseurs offshore autorégulés. On n’en est pas encore là. En attendant, le site de Bouin, en bord de mer, sera un bon test de résistance pour les composants sélectionnés aux conditions marines corrosives, qui mettent les systèmes à rude épreuve. La construction devrait démarrer en juin, pour une mise en service en 2021. D’ici là, l’équipe d’une quinzaine de salariés pourrait doubler.
L’innovation
Lhyfe a conçu une intelligence électronique et logicielle capable d’autogérer l’intermittence de la production d’électricité d’un parc éolien pour produire de l’hydrogène vert sans être relié au réseau électrique.



