Si, après un long bras de fer, les syndicats de l’usine de GE à Belfort (Territoire de Belfort) ont fini par signer un accord avec la direction prévoyant un plan de départs volontaires de 485 personnes, des mesures de réduction de coûts, la fermeture de bâtiments et le gel des acquis sociaux, c’était uniquement car ils avaient réussi à négocier un nouveau plan industriel. Jusqu’à la crise du Covid-19, tout s’est passé comme prévu.
Un plan industriels en dix axes
"On avait 15 personnes dans l’aéronautique et un plan pour monter à 200 personnes avant l’effondrement du secteur dû au Covid-19", observe Philippe Petit Collin, délégué syndical et coordinateur CFE-CGC GE Belfort.

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Las, à peine le déconfirent lancé et prétextant une baisse d’activité sur le site français, la direction américaine dégainait un nouveau plan de délocalisation de l’activité maintenance des rotors au bénéfice de l’Arabie Saoudite et des Etats Unis. Le siège, qui a demandé à tous ses fournisseurs dans le monde de réduire de 20 % leur facture, annonçait aussi une diminution des investissements.
s'adapter à l'hydrogène dans le gaz
Une douche froide pour l’équipe de 50 personnes du site qui planche depuis des mois, deux fois par semaine, sur le nouveau plan industriel (contenant dix pistes de développement) avec l’aide d’un chef d’équipe nommé par la direction, Jules N Gon Ang, très engagé et dynamique de l’avis de tous. Mais pas question de baisser les bras. D’autant qu’ils sont bien décidés à faire valoir leur compétence dans un secteur dont tout le monde parle : l’hydrogène.
Et sans utopie. Même si GE Belfort a su faire tourner une turbine à gaz à quasi 100 % d’hydrogène à la place du gaz à la demande d’un client coréen il y a une vingtaine d’années, "il n’y a pas vraiment de marché pour de centrales électriques hydrogène, il en faudrait beaucoup trop", reconnaît un proche du dossier. En revanche, avec les projets de stockage d’électricité renouvelables sous forme d’hydrogène injecté dans les réseaux de gaz jusqu'à environ 15%, il faudra savoir adapter et maintenir les turbines à gaz. Pour les producteurs d’électricité ce serait un moyen de réduire encore leurs émissions.
Concevoir des centrales électriques hybrides
Surtout, certains à Belfort croient dur comme fer à l’avenir de centrales électriques hybride électricité – hydrogène. Quel que soit leur type, nucléaire gaz voire pourquoi pas hydraulique en continu, elles produiraient de l’hydrogène "bas carbone" destiné à au transport, lors des baisses de la demande du réseau électrique. GE Belfort entendant bien faire valoir ses compétences de conception de centrales électrique et d’assemblier à ce nouveau marché. Avec un argument de poids, les clients qui exploiteraient ces centrales, comme EDF, RWE, Uniper… sont déjà les clients de GE Belfort.
Reste à chiffrer les coûts de ce développement et surtout le marché potentiel. Et surtout à faire comprendre à la direction américaine de GE qu’il y a un réel avenir en Europe et en Asie. Ses principaux concurrents dans les turbines, Siemens et Mitsubishi, sont déjà sur les rangs...



