Pour amortir les conséquences du conflit en Ukraine, le gouvernement a présenté un plan de résilience de 7 milliards d’euros afin d’aider, de manière ciblée, les entreprises à faire face. La réduction de 15 centimes par litre sur le carburant à la pompe, qui s’appliquera à partir du 1er avril et pour quatre mois, a été étendue au GNV, au GPL, au GPR et au gazole pour la pêche. Elle coûtera environ 2,8 milliards d’euros.
1. Réduire la vitesse et la circulation
Pour en réduire efficacement le coût et en augmenter l’efficacité, l’Agence internationale de l’énergie propose des mesures à mettre en œuvre par les économies avancées, comme réduire d’au moins 10 km/h les limitations de vitesse sur autoroute pour les voitures et les camions, télétravailler jusqu’à trois jours par semaine, instaurer des dimanches sans voiture dans les villes et la circulation alternée, réduire le prix des billets des transports publics… Mais le gouvernement français n’est pas décidé à demander ces efforts à la veille des élections.
L’autre grande mesure du plan de résilience cible les entreprises grandes consommatrices d’électricité et de gaz, qui pourront bénéficier d’une subvention jusqu’à 25 millions d’euros pour éponger une partie de leurs pertes d’exploitation sur 2022 directement liées à l’envol des prix de l'énergie. La mesure pourrait au total avoisiner les 3 milliards d’euros, selon le gouvernement. Bercy estime que 2000 entreprises industrielles répondent au premier critère, celui de dépenser plus de 3% de leur chiffre d’affaires en énergie.

- 2.2337+2.05
3 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
2. Du temps pour les projets de biogaz hésitants
Le gouvernement a néanmoins annoncé des mesures pour « sortir au plus vite de leur dépendance aux énergies fossiles russes, et aux énergies fossiles tout court », a expliqué Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique le 16 mars. Elle souhaite d’abord augmenter les capacités de production de biogaz. En 2021, la France avait de quoi produire 6,4 TWh de biométhane par an, mais seuls 4,3 TWh de gaz dans les réseaux, soit a peine 1% de la consommation. Vu les projets dans les cartons, entre 2022 et 2024, la filière pourrait ajouter 15 TWh de capacités supplémentaires par an. Elle pourrait même fournir 70 TWh en 2030, soit 20% de la consommation de gaz et l’équivalent de l’importation des gaz russes, assure le Syndicat des énergies renouvelables (SER)
Pour cela, il faudrait rallonger à cinq ans au lieu de trois le délai entre la signature du contrat et la mise en service, avec une meilleure visibilité sur les tarifs de rachats. 8 TWh de projets pourraient ainsi voir le jour, plutôt que d’être abandonnés. Le lancement des appels à projets pour les unités de plus de 25 GWh/an et la mise en œuvre des nouveaux certificats de production de biogaz que les fournisseurs d’énergie devront fournir permettrait de libérer 1,5 TWh/an supplémentaire, assure le SER.
3. 150 millions de plus pour le fonds chaleur
Barbara Pompili a également annoncé une rallonge de 40% des crédits d’intervention du fonds chaleur, soit 150 millions d’euros supplémentaires « pour soutenir très rapidement des projets de conversion de réseaux de chaleur à la biomasse ». Une demande de la filière réseaux de chaleur. « 150 millions d’euros, cela correspond à ce que nous, on imaginait nécessaire dès la fin de l’année dernière pour finaliser 50 à 70 projets qui vont permettre de diminuer de 1,7 TWh la consommation de gaz », explique Pierre de Montlivault, président de la Fédération des services énergie environnement (Fedene). Très rapidement, 2 TWh de gaz pourraient être économisés en un an ou dix-huit mois, en raccordant de nouveaux immeubles à des réseaux de chaleur à proximité. D’ici à 2030, les réseaux de chaleur permettraient d’économiser 22 TWh de gaz, soit 26% du gaz russe importé actuellement, mais en portant le fonds chaleur à 1 milliard d’euros par an, contre 350 millions d'euros prévus initialement.
4. Réduire le coût de raccordement du petit renouvelable
Pour réduire ses besoins de gaz dédié à la production d’électricité, le gouvernement a également demandé à EDF de lui fournir un plan pour augmenter la disponibilité de son parc nucléaire. Ce qui va être très compliqué vu que le calendrier des visites décennales et de maintenance a déjà été optimisé à cause du Covid et que déjà cinq réacteurs sont arrêtés pour à cause de problèmes de corrosion.
De son côté, en attendant la loi d’exception annoncée par Emmanuel Macron dans son programme pour le prochain quinquennat pour lever les freins aux renouvelables, la filière photovoltaïque française, Enerplan, a demandé « un plan d’urgence solaire » pour accélérer, alors que le gouvernement a annoncé que les coûts de raccordement des petits projets d’électricité renouvelables seront pris en charge à hauteur de 60% (contre 40% précédemment). 6,1 GW seraient prêts à construire dans la filière. Mais pour résoudre le problème de l’explosion des coûts des matériaux et matières premières, Enerplan voudrait donner la possibilité aux porteurs de projet lauréats d’appels d’offres de bénéficier du prix de marché, pour compenser les surcoûts, pendant une période de 6 à 12 mois avant de signer avec EDF au tarif retenu.
5. Augmenter de 1000 euros MaPrimeRénov'
A l'attention des particuliers, le gouvernement a également annoncé une augmentation de 1000 euros de MaPrimeRenov’ à partir du 15 avril pour tout changement de système de chauffage qui permet de sortir du fioul et du gaz jusqu’à la fin 2022, et l’arrêt à compter du 1er janvier 2023 des forfaits MaPrimeRénov' pour l’installation de nouvelles chaudières au gaz.
Mais comme aucune de ces mesures ou actions ne sera efficace immédiatement, le gouvernement a demandé aux fournisseurs de gaz de commencer à remplir dès à présent les stocks de gaz, qui doivent être complétés à 85 % au début de chaque hiver. Les capacités d’importation de GNL des quatre ports méthaniers doivent aussi être renforcées pour faciliter la diversification des sources d’approvisionnement.



