Trois mois après avoir été mise en redressement judiciaire, le 24 avril, la verrerie Duralex se voit accorder une nouvelle chance par le tribunal de commerce d’Orléans (Loiret). Sur les trois projets de reprise déposés, il a choisi, le 26 juillet, celui porté par une Société coopérative de production (Scop) qui réunit 60% des 228 salariés actuels, et est soutenu par l’ensemble des élus locaux.
Cette offre a le mérite de conserver la totalité des emplois. Lancée par le directeur de l’usine, François Marciano, elle est suivie par environ 60% des salariés, qui ont versé 500 euros chacun pour entrer au capital. Comme le prévoit le règlement d’intervention économique de la Région, celle-ci doublera les sommes engagées par les salariés et entrera ainsi, elle aussi, au capital de Duralex. La Région mobilise par ailleurs le fonds de garantie qu’elle a monté avec Bpifrance pour prendre en charge les risques de la nouvelle entreprise à hauteur de 3 millions d’euros. De quoi rassurer les banques.
Soutien des banques et des collectivités locales
Des banques qui ont répondu présent, avait indiqué lors de l’audience du 17 juillet François Marciano : un consortium constitué notamment des caisses régionales du Crédit agricole et de la Caisse d’épargne prête 4 millions d’euros à la Scop. De quoi racheter l’entreprise (400 000 euros) et ses stocks gagés, ceux que pourraient saisir les banques (3,5 millions d’euros). Le projet de coopérative a également reçu le soutien de la métropole d’Orléans, qui s’est engagée par un vote du 20 juin à acheter le site de 14 hectares et les bâtiments à la Scop, ce qui lui apporterait entre 5 et 8 millions d’euros (après évaluation par les domaines) d’argent frais.
Pour se relancer, la Scop a prévu de reprendre à zéro la politique commerciale de Duralex, abandonnée depuis de longues années, n’ont cessé de rappeler les salariés. Vincent Vallin, un ancien de Brandt et une carrière dans le marketing, devrait la rejoindre.
Des engagements qui ont convaincu la CFDT, majoritaire dans l'entreprise et investie dans le projet de Scop, mais qui n’ont pas suffi à rassurer la CGT, qui préférait le projet industriel porté par la holding Tourres et Cie, déjà propriétaire de deux verreries. «Une verrerie comme Duralex, c'est de l'industrie lourde, il faut pouvoir investir pour renouveler les machines», indiquait le jour de l'audience François Dufranne, élu CGT. Comme d'autres représentants CGT, il voyait dans la Scop un plan B, auquel il n'est pas question d'être totalement hostile, puisqu'une majorité de salariés y adhèrent.
Pour les salariés engagés dans le lancement d'une coopérative, c'est le début d'une nouvelle aventure. Pas la plus simple, mais beaucoup s'y jettent avec un grand enthousiasme.



