Analyse

Le score carbone est une mesure clé de la future loi climat

"Créer une obligation d’affichage de l’empreinte carbone des produits et services" est une des propositions phares, même si peu commentée, de la Convention citoyenne pour le climat. Consensuelle, elle n’est reste pas moins la clé de toute politique écologique non punitive et socialement acceptable. Elle est aussi celle qui donnera le plus de sueurs froides aux industriels.

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Emmanuel Macron au CESE avec la Convention climat
Pour Emmanuel Macron, le score carbone doit être défini au niveau européen.

C’est une des 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat, probablement la plus importante. Simple en apparence, voire consensuelle, l’affichage de l’empreinte carbone sur les produits est pourtant la clé d’une politique climat socialement et économiquement acceptable.

Devenu "score carbone" dans le projet de loi Climat, comme l’a expliqué Emmanuel Macron aux citoyens de la convention pour le climat fin 2020, la mesure serait même accompagnée d’un "Yuka du carbone". Cette application numérique permettra aux consommateurs de connaître via leur smartphone l’empreinte carbone de leur futur achat, comme ils peuvent déjà le faire sur leur valeur nutritionnelle des produits de l’agroalimentaire.

Tout sera dans le mode de calcul

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Reste à définir les paramètres et le mode de calcul de cette note carbone. Et là, le terrain est très glissant. S’il est relativement simple de calculer celui de produits simples comme l’électricité ou une orange, il est beaucoup plus complexe quand il s’agit d’une voiture électrique ou un smartphone. Il faut remonter jusqu’à l’extraction des terres rares ou minerais utilisés pour chacun des composants ! Les industriels savent à quel point l’analyse de cycle de vie (ACV) est complexe, la réservant souvent, au mieux, aux nouveaux projets. Mais les grands donneurs d’ordres, qui visent la neutralité carbone, commencent déjà à demander des comptes carbone à leurs fournisseurs.

Un sujet pour l'Europe ?

La mise en place d’un score carbone devrait accentuer la pression sur les industriels, même si, selon Emmanuel Macron, la France ne pourrait pas définir seule les critères de ce score carbone. Avoir des demandes différentes dans chaque pays de l’Union serait, selon lui, "le meilleur moyen de tuer la mesure". C’est effectivement dans la définition des critères de cette note carbone, et la transparence de son calcul que résidera sa force. Comme l’ont remarqué un certain nombre d’ONG dès l’évocation d’un "éco-score" dans l’agroalimentaire, ce dernier pourrait favoriser les produits issus de la culture intensive. Et peut-être, dans certains cas, cela sera-t-il justifié.

Des consommateurs éclairés plutôt qu'assistés

Le score carbone n’a pas vocation à faire changer les pratiques mais à informer les consommateurs. Ce qui est déjà beaucoup. De la réussite de sa mise en œuvre dépendra la réussite de la politique climat du pays, voire de l’Europe. Avec un bon score carbone, on ne s’écharperait plus sur le poids des voitures ou la publicité sur les produits polluants. Le score carbone permettrait au consommateur de choisir en conscience.

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