Avec plus de 25% des Français qui utilisent une application de notation lors de leurs courses, ces dernières se sont imposées dans le quotidien des consommateurs mais également des industriels. Dans une note publiée mercredi 16 décembre, le think tank proche du Parti socialiste Terra Nova évalue l'impact des Yuka, Open Food Fact et autres Y'a quoi dedans? sur l'industrie agroalimentaire.
"Ces applications comportent toujours une part d'interprétation, mais leur succès illustre un mouvement de fond vers plus de transparence", commente Suzanne Gorge, responsable mécénat du think tank. Cette nouvelle demande est partie des consommateurs. "Au départ, c'était un besoin exprimé par les milieux militants mais les scandales alimentaires en ont généralisé la nécessité", estime-t-elle.
Yuka, l'application la plus influente

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Pour preuve, les 12,5 millions d'utilisateurs que compte désormais l'application Yuka. "Cette dernière est de loin la plus influente. Elle est simple d'utilisation et a bénéficié d'une bonne médiatisation. C'est celle qui fait le plus trembler les industriels", observe Suzanne Gorge.
Ainsi, selon Terra Nova, "les applications ont permis de faire bouger les lignes et le rapport de force entre le consommateur, les distributeurs et les transformateurs" : "il est désormais avéré qu’elles font partie intégrante du secteur de l’alimentation."
La transparence rapporte
A l'image d'Intermarché qui a modifié ses recettes pour être "Yuka compatible" ou de Liebig qui a substitué des additifs pour rendre ses soupes plus naturelles, les industriels qui acceptent de jouer le jeu de la transparence verraient leurs résultats financiers s'améliorer. Selon les données citées par Terra Nova, les aliments disposant d'un Nutri-Score A et B affichent une croissance de 1,1% et 0,8%.
La note cite également le groupe Roquette, fournisseur d'ingrédients pour les industriels de l'agroalimentaire qui a vu son résultat opérationnel doubler en quatre ans sur la période 2015-2018. La raison de ce succès ? Le pivotage de l'industriel qui est passé des "matières premières agricoles classiques à une production plus spécialisée d'ingrédients et de protéines végétales, comme par exemple la protéine de pois."
Des industriels encore réticents
Si certains industriels engagés n'ont pas hésité à se plier aux nouvelles exigences des consommateurs, nombreux sont ceux qui se sont montrés sévères lors de l'apparition des applications de notation. "Malheureusement, si certains industriels acceptent de jouer ce jeu, ce n’est pas le cas de tous et certains d’entre eux mènent un lobbying actif contre ce renforcement de l’information et du pouvoir de décision des consommateurs", précise le Think Tank dans sa note sans, pour autant, citer de marques. Terra Nova note, par exemple, que seul 35% du marché alimentaire affiche le label Nutri-Score, soit 520 entreprises et 690 marques.
Généraliser le Nutri-Score et favoriser les accords collectifs
Pour éviter une telle disparité, le think tank préconise la généralisation du Nutri-Score: "L’affichage obligatoire du Nutri-Score, logo officiellement reconnu, pour tous, apporterait au consommateur une information sûre, lisible et vérifiée, quel que soit le lieu où il effectue ses achats."
Terra Nova recommande également la généralisation des accords collectifs dans les filières. "Changer l’élaboration des produits peut engendrer des coûts qui seront répercutés sur le prix de vente. Pour ne pas pénaliser uniquement ceux qui s’engagent dans cette démarche au risque de créer un biais concurrentiel, il est important d’intégrer le maximum d’acteurs", précise la note.
"Ces accords ont pour but d'éviter le phénomène de report entre les entreprises vertueuses vers les entreprises moins exemplaires", ajoute Suzanne Gorge. Terra Nova cite l'exemple britannique où la réduction du sel dans le pain a été imposée par les autorités à l'ensemble des acteurs. "Le fait que tous les producteurs se voient imposer la même obligation a permis de ne pas pénaliser les boulangers les plus volontaires qui se seraient lancés dans la démarche."
Une suggestion qui n'est pas sans rappeler la proposition de loi déposée mardi 15 décembre par le député Modem, Richard Ramos visant à interdire les sels nitrités dans la charcuterie pour l'ensemble des acteurs du secteur.



