Nuward (EDF)
Nuward s’appuie sur un consortium d’industriels composé de NavalGroup pour l’industrialisation, TechnicAtome pour la propulsion nucléaire et le CEA, élargi en 2023 aux ingénieristes Tractebel et Framatome. Il peut compter sur l’État français, qui a déjà injecté 50 millions d’euros dans le projet et a prévu un coup de pouce 500 millions d’euros supplémentaires pour le secteur via France 2030. L’Autorité de sûreté nucléaire travaille en parallèle à une certification simultanée du réacteur de la start-up dans plusieurs pays européens.
Création : Consortium en 2017, filiale EDF en mars 2023
Technologie : Génération III+, réacteur à eau pressurisée
Puissance : 2 x 170 MW électrique, version avec chaleur à l'étude
Marché cible : Remplacement des centrales thermiques (charbon, gaz...) en Europe
Concurrents : NuScale (États-Unis), design certifié, commercialisation en cours, accord en Roumanie, GE Hitachi Nuclear Energy (États-Unis) avec le BWRX-300 MWe, bien placé au Canada, en Estonie et en Pologne; Rolls-Royce (Royaume-Uni) avec un SMR de 420 MWe très avancé pour le volet industriel, Westinghouse (États-Unis) qui développe une version 300 MWe de son AP1000 face à l’EPR français.
Sparta (Neext Engineering)
Sparta s’appuie dès le départ sur un consortium d’industriels, composé de Westinghouse France qui maîtrise la technologie LFR, GE Steam (ex-Alstom), de l’italien Ansaldo, et du français Nexson. L'entreprise travaille avec deux laboratoires sur une innovation de rupture pourrait ajouter 30 à 40 % de rendement à sa technologie.
Création : Septembre 2022
Technologie : Génération IV, réacteur à neutrons rapides refroidi au plomb (LFR)
Puissance : Non définie
Marché cible : Industrie
Concurrents :Newcleo (Royaume-Uni - France), sur la même technologie, qui a déjà défini le design, Arc Clean Energy (Canada) parti en 2006, Copenhagen Atomics (Danemark), avec un réacteur au thorium de 100 MWth, LeadCold (Finlande) avec un réacteur refroidi au plomb de 80 MWe
Naarea
Naarea a finalisé le jumeau numérique de son réacteur, lancé les tests en laboratoire de nouveaux matériaux et décroché des partenariats avec Orano, Framatome, le CNRS et le CEA. La start-up collabore avec l’ASN sur un nouveau référentiel de sûreté pour les SMR. Naarea est aussi l’un des deux premiers lauréats de l’appel à projets de France 2030 (10 millions d’euros de subvention pour la phase de préconception) et a levé 45 millions d’euros. L’entreprise compte déjà 140 personnes. Elle a annoncé en octobre avoir validé les test de matériaux pour une première boucle à sels fondus en carbure de silicium.
Création : 2020
Technologie : Génération IV, réacteurs à neutrons rapides et sels fondus (RN-MSR)
Puissance : 40 MW électrique - 80 MW thermique
Marché cible : Chaleur industrielle, dessalement
Concurrents : Le Calogera de 50 MWt de Gorgé sur une technologie de génération III+ maîtrisée, Jimmy (France) qui développe une chaudière nucléaire industrielle, NuScale (États-Unis) qui développe une version chaleur de son SMR, certifié aux États-Unis, de 77 MW, TerraPower, la start-up de Bill Gates, sur une technologie similaire, mais avec un module de stockage développé avec GE Hitachi, X-Energy (États-Unis), avec un réacteur Triso haute température refroidi à l’hélium de 4x80 MWe
Jimmy
Le concept de la start-up séduit les industriels, avec un premier client prêt à accueillir un exemplaire de son SMR dès 2026. L'entreprise a également bouclé une première levée de fonds de 15 millions d’euros. Elle est en lice pour une subvention France 2030.
Création : 2021
Technologie : Graphite gaz haute température (HTR)
Puissance : 10 MW thermique
Marché cible : Remplacement des chaudières industrielles fioul ou gaz
Concurrents :Starcore Nuclear (Canada) avec un réacteur à combustible Triso gaz haute température qui a déjà un site pour son premier de la série. Il y a aussi Dunedin Energy Systems (Canada) avec une pile de 1,2 MWe-4,8 MWt (autonomie de vingt ans) et Oklo (États-Unis, 2013), réacteurs à neutrons rapides de 10 MW
Hexana
La technologie d'Hexana fonctionne avec du Mox à base de combustibles usés, qu’Orano sait produire. C’est un spin-off du CEA, qui maîtrise les deux technologies et est partenaire d’EDF et de Framatome.
Création : 2023
Technologie : Génération IV, neutrons rapides refroidis au sodium avec stockage de la chaleur
Puissance : 2 x 400 MW thermique
Marché cible : Décarbonation de l’industrie (CCS, carburants de synthèse)
Concurrents :Terrestrial Energy (Canada) qui a dix ans d’avance avec son réacteur sels fondus de 400 MWe-822 MWt; Seaborg Technology (Danemark) avec son réacteur sels fondus sur barge de 200 à 800 MWe; TerraPower, la start-up de Bill Gates fondée en 2006 qui développe avec GE Hitachi un réacteur à neutrons rapides sels fondus avec stockage 345 MWe; ThorCorn (États-Unis - Singapour - Indonésie) avec un thorium sels fondus (MSR) 500 MWe; X-Energy (États-Unis), avec un réacteur Triso haute température gaz de 4x80 MWe
Blue Capsule
Blue Capsule propose une technologie qui vise à se substituer aux centrales combinées gaz industrielles existantes. L'entreprise est en parteriat avec des experts finlandais pour fournir de la chaleur à 700 °C. Blue Capsule se place comme un fournisseur d’équipements mais pas comme un opérateur.
Création : 2022
Technologie : Génération IV, réacteur combustible Triso (uranium enrichi de plutonium) au sodium
Puissance : 150 MW thermique, 50 MW électrique
Marché cible : Cogénération pour la production de soude ou d’hydrogène
Concurrents : Copenhagen Atomics (Danemark) avec son réacteur au thorium et eau non pressurisée de 100 MWt, Terrestrial Energy (Canada) avec un réacteur sels fondus 400 MWe-822 MWt, NuScale (États-Unis) veut utiliser son SMR de 12 MWe pour produire de la chaleur et Steenkampskraal Thorium (Afrique du Sud) et son réacteur thorium gaz haute température 100 MWt-35 MWe.
Newcleo
Newcleo promet de boucler le cycle du combustible. Il détient déjà 14 brevets protégeant ses technologies et travaille avec les experts du refroidissement au plomb. Le design de ses réacteurs est prêt à être étudié par les autorités de sûreté. Il a déjà levé 400 millions d’euros et annonce investir 3 milliards d’euros, pour la construction d’un premier réacteur de 30 MWe et d’une usine de production de combustible en France à partir du plutonium d’anciens combustibles usés. Un second de 200 MWe sera construit au Royaume-Uni.
Création : 2020
Technologie : Réacteur à neutrons rapides refroidi au plomb
Puissance : 30 et 200 MW électrique
Marché : Électricité sur le réseau
Concurrents :Naarea, Hexana et Neext Engineering (France) misent aussi sur les neutrons rapides, mais avec d’autres fluides caloporteurs. CNNP (Chine) construit le premier réacteur de génération IV au thorium sels fondus de 2x250 MWt. TerraPower (États-Unis) développe un réacteur à neutrons rapides à sels fondus de 345 MWe.
Mais aussi Stellaria, Archeos et Otrera
Des cinq projets de SMR qui ont incubé au CEA depuis 2022, trois ne sont que balbutiants. Stellaria vise la construction de la première pile à combustible régénératrice de combustibles usés au monde, à base d’un réacteur à sels de chlorure stable de 100 MW électrique et 250 MW thermique. Basse pression, pilotable, cette pile pourrait fournir 4 TWH d’énergie durant cinq ans sans être rechargée. Mais les verrous technologiques à lever sont encore très nombreux. Les deux autres projets sont portés par des anciens du programme Astrid de réacteur à neutrons rapides au sodium visant à boucler le cycle du combustible.
Archeos veut développer un réacteur calogène de 20 à 200 MW thermique à eau légère, grâce à cinq brevets du CEA.
Otrera dont les porteurs du projet proposent de revisiter cette technologie, en simplifiant le cahier des charges, pour développer des centrales de cogénération plug and play. La start-up a été créée en février. Reste à convaincre des investisseurs.



