Les deux premiers SMR lauréats de l'appel à projets réacteurs innovants de France 2030 sont…

Lors d’un déplacement en Normandie le 9 juin, les ministres de la Transition énergétique, de l’Enseignement et de la Recherche vont dévoiler les premiers lauréats des appels à projets de France 2030 liés à la relance de la filière nucléaire.

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Nuward SMR
Les deux SMR lauréats de France 2030 promettent d'utiliser les combustibles usés produits par le parc nucléaire existant... et qui débordent des piscines d'EDF et d'Orano.

Le plus dur reste à faire pour relancer la filière nucléaire. La loi d’accélération du nucléaire a été votée par le Parlement. Elle est actuellement à l’étude par le Conseil constitutionnel, mais devrait passer cette étape. Avec six mois de retard, dû à un recours des petits actionnaires, la nationalisation d’EDF est entérinée depuis le 8 juin, avec la sortie de la cotation du titre en Bourse. Il faut maintenant donner à EDF les moyens, financiers, mais aussi humains, de construire les six premiers réacteurs EPR2 et les huit autres à l’étude et un premier exemplaire de son mini réacteur Nuward. Il faut aussi se donner les moyens de construire des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) innovants, pour accélérer la décarbonation de l’industrie tout en traitant le problème des déchets du nucléaire.

25 millions d’euros pour deux projets de SMR à neutrons rapides

Sur ces deux volets, le plan France 2030 prévoit une enveloppe de 1 milliard d’euros, dont 500 millions pour Nuward et 500 millions pour les réacteurs innovants. Lors d’un déplacement à Caen, le 9 juin, les ministres de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher et de la Recherche et de l’enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, vont dévoiler les deux premiers lauréats de l’appel à projets réacteurs innovants. Il s’agit du français Naarea, qui développe un réacteur à neutrons rapides aux sels fondus qui pourra produire de l’électricité et de la chaleur à partir de combustibles usés du parc existant. Le second lauréat est une entreprise britannique, fondée par des Italiens, mais qui veut investir 3 milliards en France : Newcleo.

Les deux premiers lauréats se partageront 25 millions d’euros. Sans surprise, le gouvernement va également annoncer soutenir financièrement la phase d’avant-projet détaillé du projet de SMR à eau pressurisée d’EDF, Nuward, pour pouvoir lancer de la construction d'un premier exemplaire en 2030.

42 millions d’euros pour la formation nucléaire en Normandie

Pour permettre à EDF et ses fournisseurs de réaliser les 100 000 recrutements, dont 65 000 recrutements industriels, indispensables pour construire les six premiers EPR, comme l’a diagnostiqué le Gifen, le gouvernement avait demandé un plan Marshall de formation et de compétences à la présidente de l’université des métiers du nucléaire, Hélène Badia. Elle a remis sa copie début juin. Son plan prévoit sept leviers (attractivité des métiers, orientation des élèves vers des cursus scientifiques, sourcing, inclusion des femmes et des jeunes, adaptation de l‘offre de formation initiale et continue) et 30 actions, dont un tiers pourront être activées dès la rentrée 2023.

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Pour les mettre en oeuvre, Hélène Badia pourra s’appuyer sur la réforme du lycée professionnel, annoncée début mai par le président de la République. Elle pourra aussi compter sur un premier grand projet de la région Normandie incluant les universités de Caen, Rouen et du Havre et financé à hauteur de 42 millions d’euros par l’État tiré de l’appel à projets Compétences de France 2030, pour « déployer de nouvelles formations sur tous les niveaux pour répondre aux besoins du nucléaire de Bac+3 à Bac + 8 », explique le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher.

Le plan « Marsall » de l’Université du nucléaire dévoilé

Mais c’est surtout sur le volet attractivité qu’il faudra agir. Car «il faut d’abord remplir les formations qui existent», explique Hélène Badia. Pour cela, elle compte faire passer de 200 à 400 le nombre de boursiers du nucléaire. Elle veut sensibiliser les élèves dès les classes de cinquième, mais aussi renouveler la semaine des métiers du nucléaire, dont la première édition a «mobilisé 400 entreprises et a touché 8000 demandeurs d’emplois». Elle mise aussi sur le site internet monavenirdanslenucélaire.fr qui recense déjà 4500 offres d’emploi.

Dernière annonce : un financement de 40 millions d’euros, sur le budget de la loi de programmation de la recherche a été annoncé pour la modernisation «Jouvance» du Ganil, le Grand Accélérateur national d’Ions lourds de Caen, où les ministres doivent finir leur parcours le 9 juin.

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