Le signal est clair. Le gouvernement a décidé de reprendre directement en main la filière nucléaire. Et pas uniquement pour s’assurer que les six nouveaux réacteurs EPR2, annoncés par Emmanuel Macron à Belfort le 10 février 2022, seront bien construits dans les temps. C’est-à-dire avec des premières mise en service en 2035, alors qu’EDF commençait déjà a parler de 2037 pour le premier EPR2 de Penly (Seine-Maritime).
Lors d’un premier conseil de politique nucléaire, organisé par l’Elysée le 3 février, il a bien été question de préciser les objectifs du nouveau programme nucléaire, qui doit encore faire l’objet d’un vote du parlement dans une première loi programmation pluriannuelle de l’énergie (la PPE qui avant été adoptée par décret). Celle-ci «sera présentée en juin 2023, avant un débat au parlement sur la loi de programmation de l’énergie et du climat», explique l’Elysée dans un communiqué. Mais le conseil de ce 3 février a aussi «acté l’accélération des travaux» sur les mini réacteurs (SMR), du projet NUWARD développé par EDF et des projets de petits réacteurs nucléaires avancés «afin de pouvoir disposer d’au moins une tête de série dans les années 2030».
Un prochain CNP en juin
Le CNP a également parlé des sujets qui fâchent aujourd’hui. Il a mis la pression sur EDF et ses sous-traitants pour que soient mieux anticipés les arrêts programmés des réacteurs nucléaires du parc afin que la France ne revive pas en 2023 les angoisses de coupures de courant de l’hiver 2022. Il a pressé EDF de lancer les études de prolongation du parc «à 60 ans et au-delà». Il a aussi mis la pression sur le CEA sur la question du cycle du combustible «afin que la France conserve et renforce son autonomie stratégique en la matière, ce qui est essentiel pour notre souveraineté énergétique». L’Elysée a enfin demandé aux acteurs d’engager «une réflexion pour tirer les conséquences de la relance du programme nucléaire français sur la gestion des déchets ultimes».
Deux nouveaux conseils de politique nucléaire sont déjà programmés pour juin et fin 2023. Celui de juin doit permettre de valider les orientations de la PPE à l’horizon 2030-2035. Celui de la fin de l’année sera consacré à la revue détaillée du programme d’EPR2 et aux décisions à prendre sur l’aval du cycle, c’est-à-dire le stockage et traitement du combustible usé, qui déborde des piscine d’Orano à la Hague.



