Selon le décompte de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), au 13 août 2020, 167 candidats vaccins sont aujourd’hui recensés sur la planète. Tous les continents sont impliqués, avec une forte présence de promoteurs asiatiques, américains et européens. Tous sont engagés dans une course contre la montre en raison de la pandémie qui continue de s’étendre. La Commission européenne estime d’ailleurs que les différents acteurs visent aujourd’hui des temps de développement très courts pour un vaccin, s'octroyant une fenêtre de seulement 12 à 18 mois pour sa mise au point complète quand les délais habituels s’étalent souvent sur plus de 10 ans.
29 vaccins en développement clinique
Les premiers vaccins sont espérés pour début 2021. Actuellement, sur les 167 en développement, seulement 29 vaccins seraient en phase de développement clinique, donc testés sur l’humain. Mais là encore, les avancements sont très divers. Six seulement seraient en phase III de développement, soit la dernière étape avant les demandes d’approbation pour une mise sur le marché, et qui nécessite des essais cliniques sur de vastes cohortes de personnes.
Seulement 6 vaccins en phase III
Sur ces six candidats vaccins les plus avancés, on trouve celui que prépare AstraZeneca avec l’Université d’Oxford, un vaccin très largement pré-commandé dans le monde avec déjà 3 milliards de doses réservées. Ceux de la biotech Moderna et de la collaboration entre BioNTech et le géant Pfizer, deux projets fortement soutenus par les Etats-Unis, font aussi partie du peloton de tête. En parallèle, sont positionnés trois vaccins candidats chinois, dont un développé par le laboratoire Sinovac, en solo, et deux par Sinopharm en collaboration avec des instituts de produits biologiques de Pékin et de Wuhan.
Les 12 suivants sont en phase II ou en phase I/II. La liste comprend plusieurs candidats aux vaccins asiatiques (Chine, Japon, Inde), et aussi celui de Janssen, la filiale de l’américain Johnson & Johnson, ainsi que celui de la biotech Novavax, deux vaccins qui ont déjà enregistré de vastes pré-commandes américaines.
Le projet de l'Institut Pasteur en phase I
Enfin, en phase I, l’OMS liste 11 autres produits en développement plus précoce, dont celui de l’Allemand CureVac, à qui la Commission européenne a pré-commandé 225 millions de doses le 20 août, et le candidat vaccin russe de l’Institut de recherche Gamaleya. Le gouvernement russe assure toutefois que son vaccin est presque au point, avec une phase III en cours et une mise sur le marché ambitionnée dès janvier. Cette liste en phase I comporte aussi le projet le plus avancé initié en France : un candidat vaccin de l’Institut Pasteur. Ce projet est désormais mené avec l’Américain Merck (MSD à l’international) depuis que ce dernier a acquis le laboratoire Themis avec qui collaborait l’Institut Pasteur sur ce projet de vaccin Covid.
138 vaccins en préclinique, dont les projets de Sanofi
Les 138 autres candidats vaccins contre le SARS-CoV-2 sont encore en développement préclinique, et n’ont donc pas encore entamé les essais cliniques. C’est le cas en particulier des deux programmes de Sanofi Pasteur. La filiale vaccins du géant pharmaceutique français Sanofi estime que son programme mené avec le Britannique GSK devrait entrer en développement clinique en septembre, en phase I/II, et pourrait être mis au point au premier semestre 2021. Le second projet, en collaboration avec la biotech américaine Translate Bio, que Sanofi s’apprête à acquérir, vise une phase I avant la fin 2020 et une mise sur le marché fin 2021.
Osivax, Valneva et Ose Immunotherapeutics
Dans la liste préclinique, on trouve aussi deux autres programmes français de deux acteurs biotechnologiques : celui d’Osivax, une entreprise lyonnaise spécialisée dans les vaccins et l’immunothérapie qui prévoit de démarrer prochainement des essais cliniques à l’hôpital Cochin à Paris pour un candidat vaccin protégeant contre les coronavirus, et celui de la biotech Valneva, basée à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), laquelle a déjà pré-vendu des millions de doses au Royaume-Uni.
Pas encore pris en compte par l’OMS, un autre projet de vaccins est en cours en France. Le 17 août, la société de biotechnologies Ose Immunotherapeutics, implantée à Nantes (Loire-Atlantique) et spécialisée en immunothérapies, a annoncé des résultats précliniques positifs pour un vaccin multi-cibles contre le Covid-19. Le programme devrait entrer en phase I de développement clinique fin 2020 ou début 2021.
Aucune garantie d'aboutissement
La réussite de ces projets de vaccins est tout sauf acquise. Le taux d’échec est particulièrement élevé dans la R&D pharmaceutique et les résultats positifs à différents stades de développement ne garantissent pas l’aboutissement d’un projet jusqu’à une mise sur le marché. Malgré près de 170 projets en cours, la possibilité qu’aucun n’aboutisse ne peut d’ailleurs être exclue.



