Fort de résultats concluants obtenus lors de la deuxième phase des essais cliniques de son candidat vaccin, l'ARNm-1273, la biotech américaine Moderna, basée dans l'état du Massachusetts (Etats-Unis), va déployer ses activités opérationnelles en Europe depuis la Suisse et l'Espagne. Cette nouvelle implantation doit lui permettre d'approvisionner le Vieux continent en vaccins, lorsque ce dernier aura obtenu la validation des autorités sanitaires.
Une unité de production en Suisse
Moderna va implanter son unité de production européenne à Bâle (Suisse), près de son partenaire de production suisse Lonza. Une équipe d'une trentaine de personnes, dirigée par Nicolas Chornet, est déjà en place. A terme, le laboratoire, qui compte 700 employés au Etats-Unis, veut embaucher 200 personnes supplémentaires en Europe, pour accélérer sa bioproduction de matières première utilisée dans ses différents traitements. "Notre priorité sera de développer l’empreinte de Moderna en Europe à une période où l’entreprise est en train d’étendre ses opérations dans l’optique de son développement ultérieur et de la production à grande échelle du vaccin ARNm-1273, son vaccin d’investigation contre la COVID-19", a fait savoir l'entreprise dans un communiqué le 11 août.
Aux côtés de son unité de production en Suisse, Moderna a noué un partenariat avec l'espagnol Rovi, pour le conditionnement et l'expédition de ses produits médicaux.
Avec ce nouveau site de production, l'entreprise estime être en mesure de produire au total "500 millions de doses par an et peut-être même jusqu’à 1 milliard de doses par an, en démarrant la production en 2021", indique-t-elle dans son communiqué.
100 millions de doses déjà réservées par les Etats-Unis
Lors d'une conférence de presse, le 11 août, Donald Trump a annoncé la signature d'un contrat portant sur l'achat de 100 millions de doses du candidat vaccin de Moderna, pour un montant de 1,3 milliard d'euros. Un chiffre qui s'ajoute au 811,5 millions d'euros de financements alloués par gouvernement fédéral américain pour le développement de l'ARNm-1273 de Moderna jusqu'à l'homologation.
Avec ce nouveau contrat de 2,111 milliards d'euros, les Etats-Unis portent à 10,9 milliards d'euros le montant des dépenses publiques dédiées au développement et à l'approvisionnement en vaccins contre le Covid-19.
Validation en novembre 2020
Le candidat vaccin développé par Moderna est l'un des trois projets occidentaux (avec ceux menés par les alliances Oxford/AstraZeneca et Pfizer/BioNTech) à avoir commencé la phase III des essais cliniques. L'expérimentation à grande échelle, visant à tester l'innocuité et l'efficacité du traitement, a démarré fin juillet auprès de 30 000 personnes en partenariat avec le NUH (National Institute of Allergy and Infectious Diseases) et le BARDA (Biomedical Advanced Research and Development Authority). Selon Moderna, les premiers résultats de son candidat vaccin à ARN messager ont produits chez les patients une réponse immunitaire forte. "Une étude de phase 3 est actuellement en cours aux États-Unis, faisant suite à la publication des résultats intermédiaires de l’étude de la phase 1 (…) qui démontre que le vaccin ARNm-1273 a induit une réponse immunitaire forte et rapide au SARS-CoV-2", indique Moderna dans son communiqué.
Si les résultats des essais s'avèrent concluants, Moderna espère obtenir une validation de la FDA (Food and Drug Administration) d'ici novembre 2020.
Fondée il y seulement 10 ans et n'ayant jamais mis au point de vaccin, Moderna indique actuellement travailler sur neuf autres projets de vaccin utilisant sa technologie d'ARN messager à un stade plus ou moins avancé.



