«Donnons-leur trois semaines, deux semaines, 10 jours…» Le Premier ministre François Bayrou, le 26 juin, a demandé aux partenaires sociaux de retourner négocier sur les deux principaux points qui ont fait capoter le conclave sur les retraites. «Deux sujets sont peu de chose», a-t-il dit à plusieurs reprises, estimant que le compromis était «à portée». A l’issue de ce délai, le gouvernement arrêtera des mesures qui seront incluses dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté à l’automne. Ce texte reprendra les points faisant l’objet d’un accord, et le gouvernement «prendra ses responsabilités» en tranchant pour les autres.
Premier sujet de désaccord sur lequel François Bayrou espère voir les points de vue se rapprocher : les départs anticipés à la retraite en raison d’une exposition aux métiers pénibles. Les organisations patronales ont accepté de réintégrer dans le compte de prévention de la pénibilité (C2P) les trois critères de pénibilité qui en avaient été retirés en 2017. Mais elles ne veulent pas que les points ainsi gagnés soient créateurs de droits à un départ anticipé, craignant le retour des régimes spéciaux. Or les organisations syndicales en font une ligne rouge : les salariés exposés à des métiers pénibles doivent pouvoir partir à la retraite plus tôt que les autres, exigent-elles.
Deuxième point de désaccord : les moyens d’économiser 400 millions d’euros, soit un tiers des économies que les partenaires sociaux devaient trouver.
Une loi, cet automne, pour les points d'accord
Le Premier ministre a par ailleurs énuméré les points sur lesquels les partenaires sociaux s’étaient mis d’accord et qu’il devrait reprendre dans la loi : annulation de la décote à 66,5 ans au lieu de 67 aujourd’hui (en cas de carrière incomplète), prise en compte des 24 meilleures années pour les mères d’un enfant (des 23 meilleures pour celles de deux enfants ou plus), maintien de la surcote créée en 2023 pour les mères de famille, deux trimestres supplémentaires accordés aux mères de famille si cela peut leur permettre de bénéficier des dispositifs carrières longues… Autant de mesures proposées, le dernier jour du conclave, par son animateur Jean-Jacques Marette.
Certains points sont non tranchés, comme la sous-indexation des pensions de retraites en 2026 et 2027, qui sera décidée lors du passage du budget au parlement. François Bayrou s’est en revanche clairement prononcé en faveur d’un pilotage des retraites par les partenaires sociaux, un point qui leur tient à cœur et pourrait les décider à faire un dernier effort.
Principale inconnue : dans quel sens tranchera le gouvernement si les partenaires sociaux ne trouvent pas d’accord sur les retraites anticipées pour pénibilité ?



