Premier candidat communiste à l’élection présidentielle depuis 15 ans, avec la candidature de Marie-George Buffet en 2007 (qui avait recueilli 1,97% des voix), Fabien Roussel détonne parmi les représentants habituels de ce parti historique. Avec « la France des jours heureux » qu’il promet de construire, le député du Nord, secrétaire général du Parti communiste français (PCF) depuis 2018, essaie d’insuffler de l’optimisme dans une campagne qui en manque sérieusement… Son enjeu : marquer sa différence avec l’Insoumis Mélenchon, derrière qui son parti s’était rangé lors des deux dernières élections présidentielles. Il a présenté son programme en 180 propositions le 24 janvier depuis le siège du PCF, place du Colonel-Fabien, à Paris.
Son obsession
Fabien Roussel veut redonner du pouvoir d’achat aux plus pauvres, en assurant un travail à tous et en faisant payer les riches. Dans ce cadre, il entend rétablir, puis tripler l’impôt sur la fortune. Le candidat veut également augmenter les impôts pour les foyers les plus aisés et les grandes entreprises.
Ses mesures pour les entreprises

- 0.2-33.33
Trim 4 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 0.87058-0.05
13 Avril 2026
Livre sterling (GBP) - quotidien£ GBP/€
Le candidat communiste se dit favorable à une réduction du temps de travail à 32 heures sans diminution de salaire. Il milite pour l'instauration d’un « impôt Covid » pour les « profiteurs » de la crise, notamment les grandes entreprises américaines, a-t-il indiqué lors d'un meeting fin novembre dernier. Fabien Roussel est favorable à la taxation des multinationales de l’agroalimentaire ainsi qu'à un encadrement strict des contrats de travail précaires (CDD, intérim).
S'il est élu, il veut assurer le remboursement des abonnements utilisés par les salariés pour aller travailler. Il assure vouloir nationaliser les grandes entreprises stratégiques du médicament, de l’énergie, des transports, de l’alimentation, de la banque et de l'assurance tout en supprimant les aides publiques aux entreprises non-contrôlées (CICE, CIR, niches fiscales…). Le candidat à la présidentielle veut une égalité salariale effective, et à la mise en place par un administrateur judiciaire à la place de l’employeur si besoin.
Ses mesures pour le pouvoir d'achat
Sans surprise, Fabien Roussel veut augmenter le Smic, à 1 500 euros nets (soit une hausse de 20%), et augmenter de 30% les traitements de la fonction publique. Il prévoit une pension de retraite à 1 500 euros au minimum ainsi qu'un revenu étudiant à 850 euros par mois. S'il est élu, le candidat du PCF prévoit le recrutement de 500 000 fonctionnaires supplémentaires (dont 100 000 à l’hôpital et 90 000 dans l’éducation nationale), ainsi que l'instauration d’un « droit universel au travail » pour que tous les jeunes, en 2023, soient en emploi ou en formation.
En pleine crise chez EDF, Fabien Roussel veut nationaliser cette entreprise et Engie pour pouvoir fixer les tarifs du gaz et de l’électricité, et diviser par deux la facture énergétique des Français. Son programme prévoit une baisse des taxes sur l’énergie et un chèque énergie de 700 euros par an.
Ses mesures en faveur de l’innovation
Le candidat veut recruter 15 000 enseignants-chercheurs, et augmenter les contrats doctoraux. Il demande une levée immédiate des brevets sur les vaccins et la production mondiale de vaccins.
Ses mesures sur les compétences
Fabien Roussel veut mobiliser les crédits bancaires pour l’emploi et la formation. Il veut engager un effort de formation continue et de requalification des salariés dans les filières industrielles stratégiques, comme la métallurgie, la chimie, et le BTP. Il se déclare en faveur d'un rétablissement de l’ENA, et de la construction de quatre nouvelles universités.
S'il est élu, il veut supprimer Parcoursup et donner la possibilité de passer son bac professionnel en quatre ans au lieu de trois. Tous les alternants toucheront le Smic s'il est élu, et non 27 à 73% du Smic selon leur âge comme c'est le cas actuellement.
Sa stratégie environnementale
« L’écologie sans la lutte des classes, c’est du jardinage » est-il écrit sur le site de campagne de Fabien Roussel. En matière environnementale, il veut la création d’une police sanitaire et environnementale européenne, la suppression des niches fiscales anti-écologiques, la création d’un fonds écologique et social doté de 140 milliards d’euros ainsi que l'exclusion des marchés publics des entreprises les plus polluantes.
Il veut développer le fret ferroviaire à hauteur de 30% du transport de marchandises, et s'est fixé un objectif « zéro béton » en favorisant les matériaux bio-sourcés par un taux 0 de TVA. S'il est élu, il veut instaurer la gratuité des transports en commun urbains.
Sa vision de la politique énergétique
Fabien Roussel vise un mix énergétique 100% décarboné et 100% public. Il est un fervent défenseur du nucléaire, seule réponse possible aux dérèglements climatiques selon lui. C'est un gros désaccord avec le programme de Jean-Luc Mélenchon, qui veut sortir du nucléaire. Le candidat communiste veut un moratoire sur les fermetures de 14 réacteurs prévues d’ici à 2035, souhaite lancer la construction de six nouveaux EPR et relancer Astrid, le projet de réacteurs de 4e génération du CEA, abandonné. Des choix qu’il souhaite faire valider par référendum.
Dans le même temps, il veut maintenir une électricité peu chère pour les Français les plus modestes, mais aussi pour les industries fortement consommatrices. « Il y a un lien évident entre nucléaire et reconquête industrielle », déclarait-il dans une interview au Point de mai 2021. Le candidat communiste a obtenu le soutien de la fédération CGT de l’énergie. En plus de la nationalisation d’EDF et Engie, il veut reconstruire un service public unifié de l’énergie, et promet le blocage des tarifs pour les diviser par deux pour les ménages.
Sa vision des relations sociales
Le candidat du PCF veut des nouveaux droits d’intervention des représentants des salariés (droit de veto sur les projets de restructuration, droit de préemption en cas de vente de l’entreprise…), un moratoire sur les plans sociaux et les licenciements, annulés en cas de distribution de dividendes aux actionnaires. Il a l'intention d'abolir la loi El Khomri et les ordonnances travail, ainsi que la réforme de l’Assurance-chômage, tout en assurant le rétablissement du CHSCT.
Fabien Roussel veut faire primer l’accord de branche sur l’accord d’entreprise, veut mettre en oeuvre la retraite à 60 ans à taux plein après 37,5 années de cotisations, avec un taux de remplacement de 75%, calculé sur les dix meilleures années dans le privé et les six derniers mois dans le public.
Son idée clé pour réindustrialiser
Interrogé par RTL le 23 janvier, Fabien Roussel juge que les délocalisations de Peugeot et Renault sont une « trahison contre la Nation ». Il regrette que l’argent public dépensé n’ait pas contribué à relocaliser ni empêché les délocalisations notamment des fonderies. S'il est élu, il veut créer un pôle public de santé, qui gérerait la production et la distribution de médicaments. Ce pôle serait financé par une taxation de 1% du chiffre d’affaires des entreprises pharmaceutiques. Fabien Roussel veut interdire d’importer des produits agricoles ou alimentaires ne respectant pas les normes de production françaises ou européennes.
Son futur ministère de l’Industrie
Pas de proposition particulière, sinon la création d’un grand ministère de la Mer.
L'Europe
En matière de construction européenne, Fabien Roussel propose la création une agence européenne d’homologation des alternatives naturelles auxpesticides et insecticides. Il veut lever la limitation à 3% des déficits publics autorisés, mettre fin à l’indépendance de la Banque centrale européenne et aux paradis fiscaux.
Son idée la plus originale
Il propose de créer des commissions quadripartites (Etat, salariés, élus, directions d’entreprise) chargées de vérifier que les aides publiques aux entreprises (accordées sous critères économiques, sociaux et écologiques) servent à l’emploi. Ces commissions seraient créées à chaque niveau territorial concerné par des aides publiques (Etat, région, département).
Son idée la plus rebattue
Rétablissement de l’impôt sur la fortune.
Le financement du programme
Pour financer son programme, Fabien Roussel veut créer un fonds national et des fonds régionaux pour l’emploi et la formation, pour que les banques accordent en priorité leurs crédits à des projets répondant à certains critères. Il veut nationaliser des grandes banques, afin d’orienter le crédit bancaire. Le rétablissement de l’impôt sur la fortune contribuera aussi au financement de ses mesures, ainsi qu'un nouvel impôt sur les sociétés, progressif en fonction des délocalisations, suppressions d’emploi, pollutions… La suppression du CICE et des exonérations sociales et fiscales est un autre levier, tout comme une lutte contre la fraude fiscale renforcée.



