Victorieuse de la primaire de la droite en décembre dernier, Valérie Pécresse mise sur son programme libéral et pro-business assumé, proche de celui de François Fillon en 2017, et ferme sur le régalien pour l’emporter. Pour rassembler son parti Les Républicains derrière d’elle, elle assure pouvoir réaliser « toutes les réformes dont la droite rêve depuis dix ans ».
Son obsession
La rigueur budgétaire. La candidate accuse régulièrement Emmanuel Macron « d’avoir cramé la caisse » et se place dans la droite ligne du programme défendu par François Fillon en 2017. Pour financer ses priorités, elle avance 76 milliards d’euros de baisse de dépenses sur le quinquennat.
Ses mesures pour les entreprises

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Pour rendre les entreprises compétitives, elle entend d’abord réduire les normes qui pèsent sur elles. Un « comité de la hache » sera déployé auprès du Premier ministre pour passer au crible les codes de l’urbanisme, des marchés publics, de l’environnement, et les simplifier. Il devra aussi s’attaquer à la sur-transposition des règles européennes. Les recours en justice qui retardent les grands projets d’infrastructures seront aussi encadrés plus strictement et limités dans le temps.
En matière de fiscalité, Valérie Pécresse prévoit de supprimer rapidement la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), soit 3 milliards d’euros. Une baisse supplémentaire des autres impôts de production ne pourra se faire que si l’Etat dégage assez de marges de manœuvre budgétaires. Elle prévoit de défiscaliser l’investissement dans les petites entreprises de proximité jusqu’à 20 000 euros.
Ses mesures pour le pouvoir d’achat
Elle promet une hausse de 10% des salaires nets jusqu'à 2,2 Smic sur la durée du quinquennat. Avec un coup de pouce de l'Etat qui prendrait en charge dès l'été 2022, pour le compte des entreprises, une baisse des cotisations salariales vieillesse de 2,4% de l'ensemble des salariés. Une mesure chiffrée à 7 milliards d'euros annoncée le 26 janvier. Pour le reste, les entreprises seront mises à contribution pour augmenter les salaires lors d'une grande « conférence sociale et salariale annuelle ». Dans les sociétés cotées, l’actionnariat salarié devrait par ailleurs être porté à 10% d’ici à 2027, pour avoir « une vraie association capital-travail ».
Ses mesures en faveur de l’innovation
Les aides à l’innovation devraient être focalisées pour les petites entreprises. Elle n'entend pas pour autant supprimer le Crédit impôt recherche (CIR) pour les grandes entreprises.
Ses mesures sur les compétences
L’orientation professionnelle des jeunes et la formation professionnelle devront être confiées aux régions et aux entreprises, que Valérie Pécresse estime mieux armées pour valoriser la formation professionnelle. Une loi sur l’immigration doit « instaurer des quotas et choisir les étrangers qu’on accueille ». Un plafond d’immigrés autorisés sera fixé pays par pays chaque année.
Sa stratégie environnementale
Ce n’est pas sa priorité. Elle est favorable à l’adoption de la taxe carbone aux frontières, en cours à Bruxelles, et prévoir de fusionner le livre A et le livret de développement durable pour renforcer les financements vers la transition écologique. Elle est réservée sur le principe de précaution.
Sa vision de la politique énergétique
Pro-nucléaire, elle défend la construction de six nouveaux EPR dans les prochaines années. Le programme Astrid de recherche sur le nucléaire de quatrième génération, arrêté en 2019, sera relancé si elle est élue. Elle estime que la France devra continuer à investir dans les énergies renouvelables, y compris en construisant de nouvelles éoliennes, pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Il faudra faire de l’éolien, « avec l’assentiment des populations », assure Valérie Pécresse, en pointant que des accords sont possibles là où « il y a des friches industrielles, des endroits où cela ferait gagner de l’argent pour le territoire ».
Sa vision des relations sociales
Elle veut organiser une convention sociale et salariale annuelle entre syndicats et entreprises, afin d’inciter les sociétés à augmenter les salaires. Les 35 heures sont supprimées. Des négociations dans la branche, ou l’entreprise, pourront fixer le temps de travail. En l'absence d'accord, le temps de travail sera de 39 heures, payées 39 heures.
Son idée clé pour réindustrialiser
Valérie Pécresse promet de créer un Haut conseil à la souveraineté économique et numérique. Il serait rattaché auprès du président de la République, avec pour mission de contrôler les rachats d’entreprises par des groupes étrangers. C’est Bercy pour l’instant qui s’attelle à cette tâche, mais la candidate estime que « la décision doit être politique et pas seulement technique ». Le Haut conseil serait aussi chargé de vérifier les engagements pris par les investisseurs étrangers et d’identifier les secteurs industriels dans lesquels la France doit impérativement relocaliser des activités.
Son futur ministère de l’Industrie
Elle veut constituer un grand ministère regroupant la recherche et l’industrie. L’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche y voit « un signal que l’objet de notre recherche doit être l’innovation ». Cela faciliterait, selon elle, les passerelles entre recherche fondamentale et innovations technologiques sur les puces, les batteries, l’IA, le cloud souverain…
L'Europe
Elle ne fait pas partie du camp des eurosceptiques. Partisane d’une Europe puissance, elle juge que « l’Europe doit imposer la réciprocité » et défend les clauses miroirs dans les accords de libre-échange et un changement de la politique de concurrence. Elle considère possible de favoriser les entreprises françaises dans la commande publique sans modifier les règles communautaires en utilisant des clauses RSE.
Son idée la plus originale
L’Etat est un mauvais actionnaire. Valérie Pécresse entend céder toutes les participations minoritaires de l’Etat dans les cinq ans. Ce qui reviendrait à se délester de pratiquement toutes les participations publiques, hormis EDF (où l’Etat pèse plus de 83%) et ADP (50,6%). Ces privatisations devraient générer a minima 15 milliards d’euros, espère la candidate.
Son idée la plus rebattue
Créer un « choc de transmission » du patrimoine en défiscalisant tous les six ans les donations familiales jusqu’à 100 000 euros. Le programme de François Fillon défendait déjà une mesure similaire. A droite, Eric Zemmour et Marine Le Pen sont sur des positions similaires. Emmanuel Macron n’en est pas non plus très loin.
Le financement du programme
Valérie Pécresse mise sur son sérieux budgétaire pour convaincre. Pour dégager les économies nécessaires, elle prévoit de supprimer 200 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat. Autres mesures de financement : l’âge de la retraite devrait être reporté à 65 ans et l’assurance-chômage réformée pour renforcer la dégressivité des prestations au bout de six mois afin d’encourager le retour à l’emploi. Cela ne suffira pas. Valérie Pécresse table aussi sur une accélération de la lutte contre la fraude sociale et fiscale, qui devrait rapporter 15 milliards d'euros. Probablement trop ambitieuse cependant pour être réaliste.



