Pour établir son programme, Yannick Jadot s’appuie sur la plateforme collaborative d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). Le projet « Vivant, pour une République écologiste », auquel tous les candidats à la Primaire écolo devaient adhérer, comprend une sortie du nucléaire, davantage de justice sociale et un plan d’investissement pour la transition écologique de 60 milliards d’euros par an. Dans le même temps, si le candidat des Verts est profondément européen, il souhaite de profondes réformes.
Son obsession
Sortir du nucléaire. Les écologistes visent un mix énergétique 100% renouvelable en 2050 et si possible en 2040. « On a besoin d’hydraulique, de géothermie, de biomasse et d’énergies marines. Progressivement, on fermera les centrales nucléaires les plus dangereuses, pas forcément les plus vieilles », a déclaré Yannick Jadot lors du Grand Jury RTL, LCI et Le Figaro le 16 janvier. Il s'est également déclaré à la décision européenne d'inclure le gaz et le nucléaire dans la taxonomie européenne à titre transitoire (2 février 2022).
Le candidat a également évoqué le cas de l’EPR de Flamanville. « [Il] est dangereux. Je veux une commission d’enquête parlementaire pour parler de ce fiasco qui a coûté 17 milliards ! C’est presque le budget de l’enseignement supérieur », a-t-il prévenu. S'il est élu, Yannick Jadot exigera aussi la renationalisation d’EDF, « comme un établissement public Epic ». « Ce que je veux, c’est qu’EDF devienne un outil stratégique cohérent au service de la transition énergétique. J’ai proposé un chèque énergie de 300 euros pour les familles les plus impactées par la hausse des prix de l’énergie », a précisé le candidat.

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Ses mesures pour les entreprises
Yannick Jadot, s’il est élu, conditionnera les aides publiques au « respect de critères environnementaux, sociaux et d’égalité homme-femme ». Il compte mobiliser les commandes et investissements publics pour permettre de respecter les objectifs climatiques. Dans une interview à Forbes France le 10 janvier dernier, il a réaffirmé son soutien à un « Buy european act » et au « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières tel qu’il devrait être mis en œuvre en 2023 [qui] est également évidemment une bonne chose ».
« Mais nous devons encore l’étendre à d’autres secteurs pour qu’il soit efficace, il doit être accompagné de la fin prochaine des quotas gratuits et doit servir à financer la transition, en Europe et dans le monde », considère Yannick Jadot.Il défend également la souveraineté « industrielle et numérique » et conditionnera « le versement de dividendes à des critères sociaux et environnementaux », peut-on lire dans son programme.
Ses mesures pour le pouvoir d'achat
Lors de la présentation de ses propositions sur le travail le 17 décembre dernier, Yannick Jadot a évoqué une mesure forte : le Smic à 1 500 euros net en 2027. Il a également indiqué que le Smic serait augmenté de 125 euros nets dès l’été 2022 et le point d'indice des fonctionnaires dégelé. Il propose de créer dans les entreprises un indice d'équité des rémunérations et d'un indice de partage de la valeur, tous les deux rendus publics. Le pouvoir d’achat des Français doit aussi bénéficier des investissements prévus dans les logements, les transports, une alimentation saine, dans la lutte contre le gaspillage. Il assure que ces mesures représenteront l’équivalent d'un treizième mois d'économies. La mise en place d’un revenu universel d’existence et d'un revenu minimum garanti pour les adultes équivalent à 60% du revenu médian est aussi au programme.
Ses mesures en faveur de l'innovation
« Permettre l’innovation, c’est bien, lui donner les moyens de son indépendance, de son développement intégré et vertical, de la sécurité de ses données ou encore de son maintien dans l’écosystème européen, c’est mieux. Plutôt que de reprendre les succès de nos entrepreneurs à son compte pour alimenter sa communication politique comme le fait le gouvernement actuel, je serai plus attentif aux enjeux d’indépendance de stratégie à long terme », a simplement déclaré le candidat écolo à Forbes France. Yannick Jadot a également annoncé à l'occasion de la présentation de son programme qu'il relancerait la recherche publique en y consacrant 1% du PIB.
Ses mesures sur les compétences
Dans son programme, EELV considère que « la transition écologique est source de création de plus d'un million d’emplois sur le quinquennat et de nouveaux métiers utiles, pérennes, répartis et non délocalisables. » Le parti envisage d’accompagner les salariés « en anticipant les besoins de formation et de reconversion par secteur, […] en tirant parti des enjeux de la rénovation énergétique pour créer des emplois locaux et dynamiser les quartiers populaires. » Le parti écologiste milite également pour la formation de chacun sur le modèle danois, c’est-à-dire en permettant aux citoyens de retourner à l’école pendant leurs congés en ajoutant une semaine supplémentaire optionnelle, pour soutenir un projet de développement personnel ou professionnel.
Sa stratégie environnementale
«Nous mettrons en oeuvre une règle d'or climatique à nos dépenses et décisions publiques, a déclaré le candidat à la Présidentielle à l'occasion de la présentation de son programme à la presse, mercredi 02 février. Le prochain quinquennat ne peut pas être un quinquennat de l'inaction climatique.» Yannick Jadot veut relever l’objectif de réduction des émissions à 60% en 2030 par rapport à 1990 et réduire les émissions importées de 65% en 2050 en relocalisant l’économie. Un grand plan d’investissement dans la transition écologique, qui passerait de 15 à 60 milliards d’euros d’investissements annuels, est également prévu. Les financements climatiques doivent sortir des règles Maastricht. Les Verts prévoient d’inscrire le climat, la biodiversité et les limites planétaires dans la Constitution et de reconnaître le crime d’écocide, de faire évoluer le statut de l‘animal, appliquer dès 2025 l’objectif de zéro artificialisation, taxer les entreprises du luxe sur l'importation de peaux d'animaux et interdire l’usage du plastique non-recyclable, notamment.
Il prévoit d'investir 10 milliards d'euros par an sur la rénovation thermique des bâtiments, et éliminer 5 millions de passoires énergétiques sur la décennie et réduire la consommation d'énergie de 50%.
Il souhaite favoriser les produits issus de circuits courts, bio, réparables, recyclables et recyclés avec une TVA modulable, qui taxerait d'avantage les importations, les produits à obsolescence programmée, l'alimentation bourrée de pesticides,... Une mesure qui pourrait être retoquée à Bruxelles.
Il compte remunicipaliser la gestion de l'eau en régies, comme l'ont déjà décidé Bordeaux et Lyon, dernièrement, deux villes dirigées par EE-LV.
Sa vision de la politique énergétique
C’est la matrice de son programme avec l’abandon du nucléaire, et l'objectif de 100% d’énergies renouvelables en 2040 ou au plus tard en 2050. Les ports devront être adaptés aux mutations économiques et climatiques en soutenant le déploiement des énergies marines renouvelables pour assurer une transition énergétique qui s'affranchit de l'énergie nucléaire. Un plan national de renouvellement urbain de 10 milliards d’euros est prévu pour la rénovation énergétique. Les écologistes souhaitent également créer une convention citoyenne de l’énergie sur les choix du mix énergétique de demain. Sur le modèle de la Convention citoyenne pour le climat, elle proposera une feuille de route énergétique.
Sa vision des relations sociales
Le programme des Verts s’attaque aux conditions de travail et veut remettre à l’ordre du jour la pénibilité du travail, en rétablissant les quatre facteurs de pénibilité retiré du compte pénibilité par Emmanuel Macron. Il veut reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle. « Le burn-out est une maladie socio-professionnelle qui doit être reconnue par l'État français. Lutter contre cette maladie doit passer par la reconsidération de la place du travail au sein de notre vie et au sein de la société, il ne doit plus être aliénant mais émancipateur. Nous ne pouvons plus considérer notre modèle économique comme un modèle de la croissance à tout prix qui entraîne des maladies comme le burn-out », considère le parti.
Les Verts demandent également de revenir sur la suppression des CHSCT et la création des CSE qui « ne fonctionnent pas. Les élus sont moins nombreux et ne peuvent pas tout faire ». La création d'une instance représentative sera obligatoire dès 11 salariés. Sur le pouvoir des salariés en entreprise, Yannick Jadot propose que les employés représentent la moitié des conseils d’administration des entreprises de plus de 2 000 salariés et un tiers pour les entreprises de 500 à 1 999 salariés. Les Verts demandent un nouveau pacte social, une démocratisation de la gouvernance des entreprises, davantage de transparence et de mettre fin aux dérives des dividendes et des rémunérations des dirigeants. Les rémunérations supérieures à 20 SMIC ne seront plus déductibles du résultat de l'entreprise, donc soumis à l'impôt sur les sociétés. Yannick Jadot s’attaquera aussi au « détricotage » du droit du travail en supprimant le barème des indemnités prud'homales en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Il propose d'instaurer un "chèque syndical", c'est-à-dire l'obligation pour un employeur de financer l'adhésion d'un salarié à un syndicat.
Son idée clé pour réindustrialiser
Yannick Jadot prévoit un plan d'investissement de 50 milliards d'euros par an sur le quinquennat, soit 2% du PIB. La moitié sera consacrée à la reconstruction, dont 10 milliards au logement et au bâtiment. Il prévoit la construction de 700 000 logements sociaux, soit 150 000 par an, ce qui devrait réjouir le secteur du BTP. Un programme qui doit créer 1,5 million d'emplois. L’État devra aussi prendre en main la planification de filières industrielles indispensables à la transition énergétique (solaire, éolien, biomasse, hydrogène, matériaux pour la construction, électronique…).
Son futur ministère de l'Industrie
Le candidat écologiste propose un grand ministère de la santé, de l'environnement et de l'alimentation.
L'Europe
Yannick Jadot est pro-européen et il compte beaucoup sur l'UE pour lutter contre le réchauffement climatique et la pollution. Il souhaite un politique fiscale européenne commune. Il compte sur le BEI ou la BCE pour financer la transition écologique. Le programme stipule une harmonisation fiscale européenne et la mise en place d’une taxe verte.
Son idée la plus originale
Yannick Jadot défend l’idée d’une baisse du temps de travail, mais pas forcément à la semaine. Il ne veut pas reprendre le modèle des 35 heures qui a été instauré de « façon trop verticale ». « Les Français doivent s’approprier ce débat avec les partenaires sociaux», juge-t-il. Et de préciser qu’un salarié français rapporte 85 000 euros de richesse par an, quand un Allemand n’en produit que 76 000 euros. Cette réduction du temps de travail pourra donc se traduire selon lui par une réduction de temps de travail hebdomadaire éventuellement, mais aussi sous la forme d’un compte personnel de temps de travail. De quoi permettre tous les cinq ou dix ans au salarié de prendre six ou douze mois sabbatiques rémunérés. Une grande conférence sociale organisée en début de quinquennat permettra de négocier sur ces sujets avec les partenaires sociaux, remis au coeur de sa démarche.
Le financement de son programme
Dans un tweet du 17 janvier, Yannick Jadot déclare que « la fortune des milliardaires a augmenté plus vite pendant 19 mois de crise sanitaire qu'en une décennie ». « C'est indécent. Je ne vois pas d'alternative : taxons davantage les grandes fortunes grâce à l'ISF climatique et la fiscalité de l'héritage », conclut-il. Il rappelle que les 10% les plus riches émettent cinq fois plus de CO2 que les 50% les plus modestes. Il veut aussi s’attaquer aux lobbys. Le candidat d’EELV reprend la proposition de son parti qui veut restaurer l’ISF, mais un ISF climatique, notamment en taxant les patrimoines financiers qui investissent dans les énergies fossiles. « Cet ISF climatique qui concernera les 1% les plus riches devrait avoir une rendement annuel de 15 milliards d'euros, a prévenu Yannick Jadot, le 2 février. Et nous allons moduler les droits de succession ce qui devrait rapporter 9 milliards d'euros pour financer la dépendance. »



