Yannick Jadot (EELV) s’engage à porter le SMIC à 1500 euros nets à la fin de son mandat

Le candidat des Verts a présenté vendredi 17 décembre 2021 ses propositions sur le thème du travail lors d’une conférence de presse : augmentation du SMIC de 125 euros net dès son arrivée, 50% de salariés dans les conseils d’administration des entreprises de plus de 2000 salariés, réduction du temps de travail,…

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Jadot
Yannick Jadot (EE-LV) a présenté ses propositions sur le travail.

Le SMIC à 1500 euros nets en 2027. C’est la proposition phare de Yannick Jadot, candidat d’EE-LV, Génération-s et Génération Ecologie pour l’élection présidentielle, dévoilée vendredi 17 décembre 2021 lors d’une conférence de presse. Une prise de parole parasitée par l’annonce simultanée de Christiane Taubira, qui a ouvert la porte à une candidature. Le député européen a quelque peu perdu son flegme habituel pour demander : « Nous sommes à quatre mois de l’élection, c’est quoi le projet de Christiane Taubira ? » Et il a redit qu’il n’était pas question de se lancer dans une nouvelle primaire. « Nous avons fait notre primaire et nous avons un programme pour l’écologie, la justice sociale et pour redynamiser l’économie», tranche-t-il.Pour lui, il est temps de parler des propositions, notamment sur le travail, qui concernent 30 millions de Français.

Il a évoqué les Français qui souffrent du chômage, mais aussi ceux qui souffrent au travail. Il souhaite « répartir plus justement le fruit du travail », notamment en revalorisant les bas salaires, à commencer par le Smic qui devra atteindre 1500 euros nets à la fin de son mandat en 2027, avec une augmentation de 125 euros nets avant l’été 2022 (le Smic sera revalorisé de 0,9% au 1er janvier 2022 à 1269 euros net). Il s’engage également à mettre en place de nouvelles négociations pour revoir à la hausse les échelles des salaires et à dégeler le point d’indice des fonctionnaires. «Nous avons rencontré les grandes centrales syndicales et nous avons consulté pour élaborer notre programme.»

Rétablir les CHSCT et donner un pouvoir réel d’opposition aux élus

Sophie Taille-Polian, coordinatrice nationale de Génération.s, a rappelé que «le Smic n’avait pas reçu de coup de pouce depuis 10 ans » et a dénoncé l’idée selon laquelle le coût du travail est le plus élevé en France. «Nous sommes au septième rang en Europe derrière des pays comme l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni».

Le programme des Verts s’attaque aux conditions de travail et veut remettre à l’ordre du jour la pénibilité du travail, dont la prise en compte a été atténuée par le pouvoir actuel. Il veut reconnaître le burnout (entre autres) comme une maladie professionnelle. Les Verts demandent également de revenir sur la suppression des CHSCT et la création des CSE qui « ne fonctionnent pas. Les élus sont moins nombreux et ne peuvent pas tout faire, rappelle François Desriaux, spécialiste en santé au travail et ancien candidat EELV aux européennes. Il faut leur donner un pouvoir d’opposition aux projets des directions qui touchent à l’organisation du travail, rajoutent du stress et dégradent la qualité de vie au travail. »

50% de salariés dans les conseils d’administration

Sur le pouvoir des salariés en entreprises, Yannick Jadot propose que les salariés représentent la moitié des conseils d’administration des entreprises de plus de 2000 salariés et un tiers pour les entreprises de 500 à 1999 salariés. Les Verts demandent un nouveau pacte social, une démocratisation de la gouvernance des entreprises, davantage de transparence et de mettre fin aux dérives des dividendes et des rémunérations des dirigeants. Ils veulent revenir sur le « détricotage » du droit du travail et supprimer le barème des indemnités prudhommales en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Une année sabbatique rémunérée

Enfin, le temps de travail doit être revu à la baisse, soit à la semaine, soit sur plusieurs années si cela est souhaitable. Il ne veut pas reprendre le modèle des 35 heures qui a été instauré de « façon trop verticale ». Et de rappeler que « nous sommes un des pays où la productivité est la plus forte au monde. Les Français doivent s’approprier ce débat avec les partenaires sociaux». Les écologistes soulignent qu'un salarié français rapporte 85 000 euros de richesses par an, quand un allemand n’en produit que 76 000 et un Italien 70 000 euros. De même, contrairement aux idées reçues, le travail hebdomadaire d’un Français est supérieur à celui d’un Allemand, d’un Danois ou d’un Britannique.

Cette réduction du temps de travail pourra se traduire par une réduction de temps de travail hebdomadaire ou pourquoi pas sous la forme d’un compte personnel de temps de travail qui permettrait tous les cinq ou dix ans, de prendre une année sabbatique rémunérée. « Il faut poursuivre l’histoire pour que nos vies soient des vies d’épanouissement dans notre travail et en dehors », ajoute Yannick Jadot.

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