« Les carrières sont longues, chez Orange. Certains collaborateurs, au bout de quinze ans, peuvent être un peu désabusés, désorientés, ne savent pas comment faire évoluer leur carrière, mais n’envisagent pas de quitter l’entreprise. Il fallait trouver une solution pour les remotiver », explique Gervais Pellissier, le directeur général délégué d’Orange, responsable RH et transformation. En décembre, le groupe de télécoms a signé avec trois organisations syndicales (CFDT, FO, Sud) un « accord intergénérationnel » afin de rééquilibrer les âges présents dans l’entreprise.
Les seniors se voient proposer des temps partiels, les jeunes sont une cible prioritaire des embauches et un « dispositif de respiration » est proposé aux salariés en milieu de carrière. Gervais Pellissier en a eu l’idée après discussion avec la CFDT, qui défend de longue date cette approche différenciée des âges de la vie.
Tout salarié de plus de dix ans d’ancienneté peut demander à bénéficier d’un congé de trois à douze mois pour travailler dans une PME ou une start-up, enseigner ou participer à un projet de recherche, se former sur un sujet sans rapport avec son activité professionnelle ou s’engager auprès d’une association. « Le critère sera d’avoir un projet d’intérêt général, au service de la société, car ce dispositif entre dans la raison d’être du groupe Orange », précise le DRH. En 2022 et 2023, pour ne pas déshabiller les équipes alors que de nombreux seniors partiront, cette respiration ne concernera que 250 personnes par an, 125 cadres et 125 non-cadres. La direction vise 1000 respirations par an en rythme de croisière. « La difficulté sera de susciter l’appétit des salariés les plus modestes, moins habitués à cette démarche que les bac +5... », reconnaît Gervais Pellissier. Durant son congé, le salarié touchera 70 % de son salaire. La CFE-CGC, premier syndicat du groupe, n’a pas signé cet accord pour protester contre « l’ampleur » des départs des seniors.

Vous lisez un article du numéro 3703 de L'Usine Nouvelle - Février 2022



