Masques, transports, santé au travail... Les syndicats restent sur leur faim après les annonces sur le déconfinement

Les annonces du Premier ministre, le 28 avril à l’Assemblée nationale, n’ont pas répondu à toutes les questions que se posent les syndicats de salariés sur le déconfinement. Ils les évoqueront jeudi 30 avril avec Edouard Philippe, qui doit rencontrer l'ensemble des partenaires sociaux.

Réservé aux abonnés
personne portant un masque au téléphone
Pour la reprise du travail, les syndicats resteront attentifs à la disponibilité des masques pour les salariés.

Les syndicats restent sur leur faim. Les annonces du Premier ministre à l’Assemblée nationale, le 28 avril, n’ont pas répondu à certaines questions jugées primordiales pour une reprise du travail dans de bonnes conditions sanitaires. Ils entendent bien les poser à Edouard Philippe le jeudi 30 avril, lors de la rencontre entre le Premier ministre et les partenaires sociaux.

La question des masques reste la plus présente. "La reprise ne peut pas se faire s’il n’y pas de masques garantis pour tous, estime Gabriel Artero, président de la CFE-CGC de la métallurgie. S’ils manquent, les salariés ne voudront pas revenir." Force ouvrière aimerait que les pouvoirs publics fassent des "prescriptions" plus précises, sur les "types et modalités d’utilisation des masques pour une sûreté de la protection en fonction des situations (poste de travail, transports)", indique la centrale dans un communiqué. La CGT s’inquiète de l’accès des salariés des PME à ces équipements de protection. Le gouvernement a mandaté La Poste pour assurer une distribution aux TPE et PME, mais uniquement de masques dits "grand public". La CFTC se demande comment les non-salariés auront accès à ces masques, et comment ils les financeront.

Le retour des CHSCT ?

Force ouvrière remet sur la table plusieurs questions liées à la santé au travail. FO réclame le retour des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), supprimés par la réforme de 2017. Le syndicat veut relancer une négociation sur le droit à la déconnexion, alors que le télétravail va massivement se poursuivre au-delà du 11 mai, et la négociation interprofessionnelle interrompue sur la santé au travail.

Autre question majeure pour les syndicats : celle des transports. Le Premier ministre a indiqué que leur utilisation aux heures de pointe sera réservée aux personnes allant travailler, afin d’éviter une trop forte affluence, donc de trop forts risques. "Qui décidera de ceux qui doivent les prendre en priorité ?" s’interroge la CGT dans un communiqué. Les syndicats de la SNCF ou de la RATP attendent, de leur côté, d’être fixés sur leurs conditions de travail pour la reprise. Ils s’interrogent en particulier sur le respect des règles de distanciation – un siège sur deux dans les métros et trains, le contrôle du port des masques, la régulation des flux. Et réclament bien sûr des masques.

Nouvelles règles du chômage partiel

Tous les syndicats réclament un maintien des conditions actuelles d’indemnisation du chômage partiel, alors que le Premier ministre a annoncé que les règles changeraient à partir du 1er juin. Depuis, Muriel Pénicaud a donné une première indication : l’Etat va diminuer son remboursement de l’activité partielle aux employeurs, en leur demandant d’augmenter leur "reste à charge", ce qui ne devrait rien changer, financièrement, pour les salariés, qui continueront à percevoir 84% de leur salaire net. "Les masses financières sont telles pour l’Etat qu’il était prévisible qu’il revienne sur les règles actuelles", estime Gabriel Artero. Qui s’attend à "de nouvelles discussions entre l’Etat et les partenaires sociaux, en mai, sur le sujet, sachant que le chômage partiel ne s'arrêtera pas avec le déconfinement, et va durer une grande partie de l'année."

Le représentant des cadres de la métallurgie s’inquiète surtout pour la suite : "il va falloir trouver, dans les branches ou les filières, des systèmes de solidarité pour faire face à la casse sociale qui arrive". Face à la hausse historique du chômage enregistrée en mars, la ministre du Travail a déjà indiqué que les règles d’indemnisation seraient rediscutées avec les organisations syndicales – sans aller jusqu’à refaire une réforme.

Après les craintes sanitaires, les syndicats vont rapidement faire face aux inquiétudes des salariés pour l’avenir de leur emploi.

Abonnés
Le baromètre des investissements industriels en France
Nouvelles usines, agrandissement de sites industriels existants, projets liés à la décarbonation… Retrouvez dans notre baromètre exclusif toutes les opérations classées par région, par secteur industriel, par date d’annonce et de livraison.
Je découvreOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.