Pour les salariés, télétravailler rime avec meilleure santé. D’après une étude de la Dares, l’organisme statistique du ministère du Travail, dévoilée mardi 5 novembre et réalisée en 2023 auprès de plus de 20000 salariés, «la santé des travailleurs est corrélée à l’organisation du travail et par extension à celle du télétravail». De fait, 31% des salariés recourant au télétravail en France déclarent que leur état de santé est altéré, contre 37% de ceux qui n’y ont pas recours, alors qu'ils le pourraient.
Les télétravailleurs sont donc globalement en meilleure santé que les non-télétravailleurs, peu importe le nombre de jours par semaine. L’étude souligne qu’ils présentent moins souvent un risque élevé de dépression, sont moins affectés par une maladie chronique et moins enclins à ressentir des douleurs fréquentes ou des troubles du sommeil. «Ces écarts persistent [quand] on contrôle des différences de caractéristiques entre travailleurs», comme la catégorie socioprofessionnelle, précise l'étude.
De meilleures conditions de travail
Les auteurs de l’étude notent un changement par rapport à la période antérieure à la crise sanitaire. A l’époque, «les télétravailleurs comptaient une plus forte proportion de salariés à l’état de santé altéré» car «le télétravail était surtout pratiqué afin d’aménager les postes des salariés dont l’état de santé n’était pas ou était difficilement compatible avec un travail sur site», écrivent-ils.
La différence actuelle entre la santé des télétravailleurs et celle des non-télétravailleurs provient, selon les auteurs, des différences de conditions de travail entre ces deux groupes. «Les premiers ont globalement de meilleures conditions de travail. Or, on sait que le travail peut influer sur la santé donc nous établissons ce lien», indique Mikael Beatriz, l’un des coauteurs de l’étude.

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Le télétravail, sauveur du couple ?
Les salariés recourant au télétravail déclarent avoir plus d’autonomie, tout en jugeant que leur activité est presque autant soumise à une surveillance de la part de leur hiérarchie que s'ils ne télétravaillaient pas. Pour les auteurs de l’étude, cela signifie que le travail à distance favorise une certaine liberté dans la gestion du temps, plutôt que dans la manière de travailler. Les télétravailleurs s’interrompent moins souvent pour effectuer une autre tâche imprévue et travaillent moins sous pression.
Ceux en couple sont seulement 19% à recevoir des plaintes de leurs proches concernant leurs horaires de travail, contre 24% des non-travailleurs. «Malgré l’intersection des sphères professionnelle et domestique, le télétravail semble être un facteur modérateur du risque de conflits intrafamiliaux, plutôt que l’inverse», appuie l’étude. A contrario, le télétravail renforce les risques d’isolement social et diminue les discussions formelles et informelles dans les collectifs de travail.
En régime de croisière
Dans une précédente étude publiée début 2022 et portant sur la situation des salariés en janvier 2021, la Dares avait mis en lumière des durées de travail allongées, des douleurs et des troubles du sommeil en lien avec le télétravail. «Notre étude montre un gros changement par rapport à 2021. Mais le public de télétravailleurs a changé et le télétravail est mieux organisé ce qui pourrait expliquer le régime de croisière actuel bien différent du précédent», estime Louis-Alexandre Erb, l’autre coauteur de l’étude.
Toujours selon la Dares, 26% des salariés ont recouru au télétravail en 2023, contre seulement 9% en 2019. Près de 60% des télétravailleurs veulent travailler à distance entre deux et quatre jours par semaine et 8% tous les jours de la semaine.



