Face au rythme soutenu de l’inflation, le gouvernement poursuit son travail plus étroit qu’à l’accoutumée sur les négociations salariales dans les branches professionnelles. Et en particulier sur celles dont les minima conventionnels étaient déjà inférieurs au Smic avant le 1er octobre dernier, date à laquelle le salaire minimum a augmenté de 2,2% pour grimper à environ 1 589 euros brut par mois. Dans ces secteurs, les salariés concernés sont bien payés au niveau du Smic. Mais des minima « à la traîne » pèsent négativement sur l’ensemble des salaires. Se joue aussi un « enjeu d’attractivité des métiers dans un contexte de tensions importantes sur les recrutements », selon la ministre du Travail, Elisabeth Borne.
« Avoir des grilles de rémunérations à la hauteur »
Vendredi 17 décembre, la ministre a rassemblé dans la matinée les partenaires sociaux pour faire un point sur la quarantaine de branches qui enregistraient donc un « retard » sur le Smic, depuis la revalorisation du 1er janvier 2021 ou parfois depuis plusieurs années. L’occasion pour le ministère du Travail de rappeler sa volonté d’accroître encore la pression sur les secteurs les plus récalcitrants. A l’issue de la réunion, Elisabeth Borne a souligné l’intérêt d’« avoir des grilles de rémunérations à la hauteur » pour des métiers imposant « des contraintes particulières » comme « une amplitude horaire très large dans les transports urbains, par exemple ».
Les rencontres pour encourager ces branches à rehausser leurs minima ont commencé en octobre. Malgré ce délai restreint, environ un tiers ont déjà abouti à un alignement avec le Smic, voire plus. C’est par exemple le cas du bricolage, une branche qui représente plus de 80 000 salariés. Dans ce secteur, le ministère du Travail indique qu’un accord a été conclu le 19 novembre avec un premier coefficient à 1 600 euros. Autre satisfaction de dernière minute pour Elisabeth Borne : le projet d’accord dans l’hôtellerie-restauration annoncé jeudi 16 décembre et soumis à partir de ce lundi 20 décembre à la signature des organisations syndicales.
Trois branches au dialogue social « défaillant»
Cependant, plus de la moitié des 40 branches sont encore en train de négocier. Côté industriel, cette situation se retrouve dans la branche « céramique » qui emploie plus de 7 000 salariés. Parmi les branches « engagées dans une démarche de négociation mais qui rencontrent des difficultés », le ministère cite le commerce de gros et les transports publics urbains, dont la grille comporte trois coefficients inférieurs au Smic. « Les salaires n’ont […] pas été abordés lors de la CPPNI (Commission paritaire permanente de négociation et d'interprétation, ndlr) du 8 décembre », mentionne la synthèse des rencontres sur cette dernière branche. Une prochaine séance est prévue en février 2022.
Enfin, dans trois branches, le dialogue social « apparaît défaillant », a taclé la ministre. Il s’agit de la coiffure, des grands magasins et du négoce de bois. Ils devront affronter la pression ministérielle pour mettre le sujet des salaires à leur agenda social. Plus largement, 108 branches sur 171 suivies par le ministère ont une grille avec au moins un coefficient inférieur au Smic depuis sa revalorisation d’octobre. Avec celle de 0,9% prévue pour janvier, qui portera le Smic à 1 603,12 euros, 22 branches supplémentaires seront confrontées au problème.



