Pourquoi le Smic augmentera de 2,2% au 1er octobre

Au vu des données sur l’inflation publiées le 15 septembre par l’Insee, le Smic augmentera automatiquement de 2,2% au 1er octobre 2021, comme le prévoit la loi, soit 35 euros bruts par mois environ.

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Afin de compenser l'inflation, le Smic augmentera le 1er octobre de 2,2%.

L’indice des prix à la consommation utilisé comme référence pour la revalorisation automatique du Smic a franchi, en août, la barre des 2% d’augmentation, selon les données publiées le 15 septembre par l’Insee. Comme le prévoit la loi, le Smic sera donc automatiquement revalorisé le mois suivant la publication de cet indice, soit le 1er octobre 2021, dans les mêmes proportions, c’est-à-dire de 2,2%. Le Smic horaire devrait donc passer à 10,48 euros bruts de l’heure (contre 10,25 actuellement) et le salaire mensuel brut à 1588,78 euros (contre 1554,58 actuellement).

Cette hausse était attendue. Le 6 septembre, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, avait évoqué cette possibilité. La ministre du Travail a prévu une réunion le 15 septembre  avec le Groupe d'experts sur le Smic pour tirer les conséquences de cette revalorisation. On ne sait pas encore combien de personnes seront concernées. En 2020, 2,25 millions de salariés du privé, soit 13% d’entre eux, avaient bénéficié de la hausse du Smic du 1er janvier.

Inflation subie par les 20% les plus modestes

L’indice des prix à la consommation pris en compte est celui du panier de produits consommés par les salariés du premier quintile de distribution des revenus, c’est-à-dire les 20% les plus modestes. Il comprend par exemple davantage de produits alimentaires que l’indice global, et moins de voyages. Le législateur a souhaité utiliser cet indice, plus proche de la réalité de l’inflation subie par les salariés touchant le Smic que l’indice global, comme référence pour la revalorisation automatique du salaire minimum. L’indice définitif d’août publié le 15 septembre est comparé à l’indice de novembre 2020, le dernier utilisé pour la revalorisation du Smic, celle du 1er janvier 2021.

Cette hausse de 2,2% sur neuf mois est supérieure à celle sur un an, qui s’établit à 2% pour cet indice et à 1,9% sur l’indice global. En novembre 2020, l’indice était relativement bas. « Les Français étaient en confinement, ce qui ralentissait la consommation et entraînait quelques prix vers le bas, commente Sébastien Faivre, chef de la division des prix à la consommation à l’Insee. En glissement annuel, il y a peu de différences entre l’indice du premier quintile et l’indice global. Dans les deux cas, ce ne sont pas des évolutions très fortes, bien moins importantes que celles de nos voisins européens. »

Pas d'autre coup de pouce

Pas question, en revanche, pour le gouvernement, de prévoir un « coup de pouce » du Smic au-delà de ces revalorisations automatiques. « Donner un coup de pouce au Smic, ce serait donner un coup de canif à l’emploi », avait notamment déclaré le ministre de l’Economie le 6 septembre. Le dernier coup de pouce donné par un gouvernement au Smic date de juillet 2012, dans la foulée de l’élection de François Hollande à la présidence de la République. Depuis, le Smic évolue moins vite que les autres salaires de référence.

La hausse automatique du Smic va entraîner en cascade toute une série d’autres augmentations salariales, notamment parce que les grilles de salaire, dans les branches, lui sont souvent indexées. La hausse légale du 1er janvier 2022, elle, se contentera de rattraper l'éventuelle inflation entre août et novembre 2021, et devrait donc être très faible.

Hausse des prix du gaz et des produits frais

L’inflation de 1,9% entre août 2020 et août 2021 s’explique avant tout par la hausse du prix du gaz, de 30% sur un an, avec des répercussions sur toutes les énergies. Autre explication, plus conjoncturelle : la hausse des prix de l’habillement et des chaussures, due au décalage des soldes d’été de juillet 2020 à août 2020 – alors qu’en août 2021, les soldes étaient terminées. Les produits frais ont également augmenté, de 6,5% sur un an, notamment en raison des gels supportés par les producteurs. Gaz et essence, habits et chaussures, produits frais… Autant de produits bien représentés dans le panier de consommation des 20% de salariés les plus modestes.

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