Etude

Pourquoi les cadres de l'industrie et de l'ingénierie peuvent espérer une hausse de salaire en 2022

Le niveau d’emploi des cadres a retrouvé son niveau d’avant-crise au second semestre 2021 en France. Alors que la guerre des talents fait rage, les ingénieurs peuvent s’attendre à de belles hausses de salaires en cas de changement de poste, selon une étude du cabinet Robert Walters.

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ordinateur cadre
Le marché de l'emploi s'annonce particulièrement favorable aux cadres en 2022.

L’avertissement a de quoi inquiéter les services RH des industriels et d’autres secteurs. Dans les mois à venir, « les négociations vont être très difficiles » en ce qui concerne les salaires des cadres, selon Coralie Rachet, la directrice du cabinet de recrutement Robert Walters.

Spécialisé dans le recrutement de managers de haut niveau ou intermédiaires, celui-ci a dévoilé jeudi 9 décembre leurs perspectives d’évolution de salaire en 2022 en cas de changement de poste. Des hausses sont attendues entre autres pour les ingénieurs, les spécialistes de la chaîne d’approvisionnement ou encore les métiers de l’informatique. Ces prévisions sont tirées d’une étude de rémunération menée jusqu’à novembre dernier auprès de 50000 candidats relevant de l’activité du cabinet en France.

44% des cadres s'attendent à une augmentation

Il faut dire que le marché de l’emploi des cadres a connu un gros rebond en 2021. « Le retournement est intervenu avant même la fin du premier semestre, indique Coralie Rachet. Puis ce marché a retrouvé son niveau d’avant-crise dès septembre. » Dans un contexte de reprise économique et d’inflation – celle-ci s’est établie à 2,8% sur un an en novembre selon l’Insee –, les cadres semblent escompter « une forme de reconnaissance et de rattrapage », selon le cabinet. En prenant en compte tous les secteurs d’intervention de Robert Walters, 44% des cadres s’attendent à une augmentation sur leur fiche de paie en 2022, souligne une enquête complémentaire menée à la rentrée auprès de 1700 cadres et entreprises. Dans l’industrie et l’ingénierie, près d’un cadre sur deux (48%) aurait même cette attente.

Dans le détail, la hausse moyenne attendue pour les salaires des ingénieurs qui changeraient de poste est de 6%. Selon Robert Walters, elle atteint même 9% pour un directeur industriel et 7% pour un chef de projet ou un responsable de production, à condition d’avoir plus de 15 ans d’expérience pour les deux premiers cas et entre cinq et dix ans d'expérience pour le troisième. Sur la partie achats et chaîne logistique, l’augmentation moyenne prévue est de 11%. Encore une fois, un responsable S&OP (Sales and Operations planning, ou planification des ventes et des opérations) avec une expérience de 15 ans peut se fonder sur une hausse moyenne de 14%. Ce sera 12% pour un responsable d’entrepôt avec le même bagage. Dans le secteur de l’informatique, la moyenne des augmentations devrait s’établir à 7%, avec notamment des pics pour les architectes (+18%) et les consultants en cybersécurité (+13%) avec 15 ans et plus d’expérience.

Guerre des talents

La situation sera délicate à gérer pour les entreprises. Car la guerre des talents fait rage. « Le climat risque d’être très tendu, observe Coralie Rachet. Du côté des employeurs, cette question des salaires se pose plutôt à moyen terme. Beaucoup font preuve de prudence, en particulier dans certains secteurs où des plafonds ont déjà été atteints. » Pourtant, « les candidats cadres ont des attentes de court terme », souligne-t-elle. Céder à ces attentes n’est pas sans risques. Toute surenchère sur les nouveaux entrants peut être mal perçue par le reste des salariés si les grilles de salaires ne sont pas adaptées plus largement. Surtout quand deux cadres sur trois pensent changer d’emploi dans les deux prochaines années, selon l'étude de Robert Walters.

Être créatif sur les postes proposés

D’où un « vrai enjeu » pendant quelque temps pour l’industrie « jusqu’à ce que les grilles aient pu évoluer », commente Philippe Artero, qui supervise l’activité ingénierie, achats et chaîne d’approvisionnement chez Robert Walters, auprès de L’Usine Nouvelle. Selon lui, les primes de bienvenue, qui peuvent aider à contourner ce problème, sont par ailleurs moins présentes dans l’industrie que dans d’autres secteurs. « Il faut donc être créatif sur la façon d’attirer le candidat, estime-t-il. Pour les ingénieurs par exemple, l’intérêt du poste est aussi primordial. » L’équilibre promet d’être difficile à trouver pour les recruteurs.

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