Etude

Défaillances d'entreprises : les industriels s'en sortent un peu mieux au premier semestre 2025

Les défaillances d’entreprises industrielles ont timidement reflué au premier semestre 2025, selon un décompte du cabinet Altares communiqué mercredi 9 juillet. Les procédures collectives ont toutefois atteint un niveau record sur l'ensemble de l'économie au deuxième trimestre 2025.

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Clergerie
Les défaillances de grosses entreprises ont bondi de 75 % l'an dernier dans l'industrie. Début avril, la capitale française de la chaussure de luxe, Romans-sur-Isère, a perdu Clergerie, son dernier grand fabricant.

L’hémorragie continue, mais ne s’emballe plus. Au premier semestre 2025, 28 entreprises industrielles de plus de cent salariés ont fait défaut en France, contre 34 un an plus tôt sur la même période, selon une étude du cabinet Altares communiquée mercredi 9 juillet à L’Usine Nouvelle. Ce résultat marque une légère embellie pour les usines françaises, alors que les défaillances d’entreprises de plus de cent salariés sur l’ensemble des secteurs ont augmenté de plus d’un quart en un an.

«L'année dernière a été très difficile pour l'industrie, mais le début de l'année est mieux orienté», résume Thierry Millon, directeur d’études d’Altares. Ce reflux ne suffit toutefois pas à gommer l’envolée des défaillances de 2024, particulièrement alarmante dans les PME et ETI industrielles. Les procédures collectives d’entreprises industrielles de plus de 50 salariés avaient alors augmenté de 75%.

Toute taille confondue, les usines françaises ont enregistré une timide baisse de leurs défaillances au deuxième trimestre 2025 (-1%) par rapport à 2024, s’établissant à un millier. Elles résistent moins que la construction (-5%) et le commerce (-2%), mais mieux que la finance et les assurances (+15%), les transports (+13%) ou encore l’agriculture (+10%).

L'industrie du textile et de l'environnement particulièrement en souffrance

La métallurgie et l’agroalimentaire ont le mieux résisté (respectivement -11% et -8% de défaillances). Les usines de textile, du traitement des déchets ou encore les spécialistes de la réparation-maintenance ont au contraire essuyé une importante envolée de leurs procédures collectives. «Dans le secteur du recyclage, on a vu beaucoup de nouveaux acteurs entrer sur le marché ces dernières années, parfois un peu trop jeunes et pas suffisamment capitalisés, qui peinent désormais à s’en sortir», observe Thierry Millon.

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Dans le textile, les acteurs de la chaussure, de la maroquinerie ou encore des sous-vêtements sont particulièrement en souffrance. Symbole marquant, la liquidation judiciaire a été prononcée début avril pour Clergerie, dernier grand chausseur de Romans-sur-Isère, la capitale française de la chaussure de luxe. «C'est une tendance qui s'est installé post-Covid sans qu'elle ne montre aujourd'hui un signe d'inversion. Ils souffrent particulièrement de la concurrence asiatique », pointe le directeur d’études.

Décélération des faillites dans l’ensemble des secteurs

Dans l’économie française en général, les défaillances d’entreprises gonflent toujours, mais plus lentement. Au deuxième trimestre 2025, près de 16600 entreprises ont fait défaut en France. Les procédures collectives ont ainsi progressé de 1,3% par rapport au deuxième trimestre 2024, loin de la hausse d’un quart qu’accusaient les entreprises un an plus tôt. L’étude relève un mois d’avril dans le rouge, un mois de mai nul et un léger recul des faillites en juin.

«Ce sont les niveaux de défaut les plus élevés de ces quatre dernières décennies, au moins. Nous sommes sur un plateau encourageant, mais la crise n’est pas finie», conclut Thierry Millon. Ce ralentissement des défaillances est principalement portée par une embellie dans le secteur de la construction, qui pèse environ un quart des défaillances d’entreprises.

La Banque de France a établi quelques jours plus tôt son bilan provisoire des procédures collectives à 67000 à mai sur les douze derniers mois, en hausse de près de 10% par rapport à l’année précédente. L’institution a conclu elle aussi à une «poursuite d’un mouvement de décélération progressive» des déclarations de cessation de paiement. Le nombre d’emplois menacés, lui, décroît à 65000 au deuxième trimestre 2025, contre 69500 un an plus tôt.

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