En 2024, pour la première fois depuis des années, la France a fermé davantage d'usines qu'elle n'en a ouvert. Et les annonces d'investissements dans de nouvelles usines ont été moins importantes, en nombre d'opérations et en montants, que les années d'après-Covid, alors qu'un timide mouvement de réindustrialisation s'était engagée depuis 2017. Un retournement qui s'est aggravé mi-2024, au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale. Un rebond est-il observé en 2025 ? Réponse à la mi-année dans notre Observatoire de la réindustrialisation, nourri par le travail de nos journalistes et correspondants en régions dans la rubrique"Quotidien des usines".
Les ouvertures et fermetures d'usines
Notre suivi des inaugurations et des annonces de mises en redressement ou liquidation d'usines permet de prendre le pouls de l'industrie française à l'instant T. Le bulletin de santé de l'industrie française s'améliore légèrement, après un premier trimestre très difficile.

Après un début d'année très calme côté inaugurations, le rythme s'est accéléré au cours du semestre, avec un pic en juin. Au total, L'Usine Nouvelle décompte 56 ouvertures d'usines au premier semestre 2025, dans des secteurs très variés. Contrairement aux années précédentes, nous intégrons des usines de plus petite taille pour tenir compte de l'essor de start-up et PME industrielles. Il faut ajouter 39 mises en service ou extensions de sites industriels.

Malheureusement, il y a toujours un peu plus d'usines menacées que d'usines qui ouvrent au premier trimestre. L'Usine Nouvelle en dénombre 64 entre janvier et juin : des entreprises placées en procédure de sauvegarde, en redressement, voire en liquidation ou dont la fermeture a été annoncée. C'est 50% de plus qu'en 2024 à la même période.
En mai et juin se sont ajoutés à la triste liste BDR Thermea, qui veut stopper la production de pompes à chaleur en Alsace, et le fabricant de batteries Exide Technologies à Lille. «Les défaillances dans l’industrie plafonnent à un niveau élevé depuis le début d’année», confirme Thierry Millon, le directeur des études du cabinet Altarès. La demande atone du côté des ménages et la crise du bâtiment fragilisent en amont les industriels de la construction, de l’ameublement et du textile.
Tout n'est pas sombre pour autant : plusieurs sites qui étaient dans notre liste du début d'année ont trouvé un repreneur et sont sorties de notre décompte. C'est le cas de la Fonderie de Bretagne à Caudan et deux sites d'Eolane, cédés au suisse Cicor. Le spécialiste de la maintenance du ferroviaire Geismar a lui aussi trouvé un repreneur.
Au total, au premier semestre 2025, le solde entre les ouvertures et fermetures est négatif (-8), mais il s'est resserré au cours du semestre. Vous être curieux ? Comparez-les avec les bilans des années 2024, 2023, 2022 et 2021.
Les annonces d'investissements
Pour se projeter à plus long terme sur les projets industriels, L'Usine Nouvelle recense les annonces d'investissements industriels en France, qui seront concrétisés dans plusieurs mois voire plusieurs années. Il s'agit d'investissements en vue de créations, extensions d'usines ou de projets de décarbonation des usines.
Découvrez la synthèse des opérations traitées depuis le 1er janvier 2025 dans notre infographie, avec un focus par région et par secteur industriel. Les datacenters montent en puissance dans notre tableau de bord, après les annonces du sommet de l'IA et de Choose France.
La synthèse par région et par secteur industriel
Pour découvrir en détail tous les projets d'investissements dans l'industrie française depuis janvier 2021, consultez notre baromètre des investissements industriels, avec plus de 900 opérations recensées.



