Cela n’aura échappé à personne. Le nucléaire est un sujet fort de la campagne présidentielle 2022. Et pas uniquement pour opposer écologistes et conservateurs, anti et pro-nucléaire, pro et anti-renouvelables. Avec le réchauffement climatique, et la prise de conscience qu’il va falloir beaucoup d’électricité décarbonée pour accompagner l’électrification des usages (de la mobilité à l’industrie en passant par le transport lourd et la production d’hydrogène), le sujet prend de l'ampleur.
À moins de s’engager sur la voie d’une sobriété énergétique résolue dans tous les secteurs d’activité, la France va avoir encore besoin de nucléaire pendant un moment. Reste à savoir si l'on se contente de prolonger le parc vieillissant, ou que l‘on s’engage dans la construction de nouveaux EPR. Dès 2018, le gouvernement d’Emmanuel Macron a lié sa décision de s'engager dans la construction de nouveaux EPR à la mise en service de celui de Flamanville (Manche).
L'exécutif disait vouloir en faire un sujet de débat démocratique lors de la campagne présidentielle. C'est dans cet objectif que le gouvernement a commandé un dossier d’aide à la décision très complet à EDF, et un rapport à RTE. Rendu public fin octobre, il contient une évaluation économique, environnementale et sociétale de six scénarios relatifs au mix électrique à 2050 issus d’une large consultation publique mise en oeuvre début 2021.
50 milliards d'euros de retombées économiques
Ce qui n’empêche pas d’autres acteurs d’apporter leur contribution au débat. C’est le cas du cabinet Sia Partners, qui a évalué dans une étude publiée vendredi 8 octobre, l’impact économique et en matière d’emplois de la construction de nouveaux EPR. Le cabinet a étudié l'effet des trois scénarios du rapport de RTE comprenant du nouveau nucléaire, c’est-à-dire au minimum la construction de trois paires d’EPR mis en service d’ici à 2035.
Sia Partners s’est basé sur les chiffres d’EDF pour son projet de deux EPR à Sizewell sur le Suffolk au Royaume-Uni, et une étude de 2011. La construction créerait entre 19 000 et 25 000 emplois, et l’exploitation entre 450 et 500 emplois, par réacteur durant 60 ans au moins. Résultat : d’ici à 2035, la construction des six EPR créerait entre 57 000 et 75 000 emplois pour la construction, et entre 2 700 et 3 000 nouveaux emplois pour l’exploitation, d’ici à 2035.
Ensuite, si la France décide de garder 50% de nucléaire jusqu'en 2050, il faudra construire huit autres EPR. Au total, cela permettrait de créer entre 133 000 et 175 000 emplois, en majorité en France, et entre 6 300 et 7 000 emplois pour l’exploitation. Les retombées économiques directes sont évaluées à 50 milliards d’euros pour les six premiers EPR, et 300 milliards d'euros pour le renouvellement total du parc sur les 30 prochaines années.



