L’Usine Nouvelle - Quelles sont les responsabilités et le champ d’action de l’Ugap ?
Lionel Ferraris - Nous agissons au bénéfice de près de 22000 clients. Notre statut de centrale d'achat public fait que nous pouvons offrir nos services aux administrations de l'État, aux collectivités territoriales, aux établissements hospitaliers et à tout le secteur santé sociale au sens large. Nous achetons, conformément aux dispositions du Code de la commande publique, auprès de 747 fournisseurs titulaires et de milliers de sous-traitants, répartis dans cinq secteurs : l’informatique, la mobilité, le médical, les services, et le mobilier et équipement général. Nous réalisons les procédures de marché public en amont, pour que le client n’ait pas à le faire. Cependant, j’aimerais ajouter une précision : pour les acteurs publics, le recours à l’Ugap est totalement facultatif, sauf dans certains cas extrêmement rares.
Comment sont sélectionnés les fournisseurs qui contribuent à votre catalogue ?
Lionel Ferraris - Ce sont des fournisseurs qui ont candidaté à nos procédures de marché public et qui ont été sélectionnés conformément au code des marchés publics, c'est-à-dire par un dispositif de croisement de différents critères techniques, de prix, de qualité de service et de RSE. Mais ce ne sont pas les fournisseurs eux-mêmes qui sont au catalogue de l’Ugap, c’est l’offre que nous avons sélectionnée, qui reste au catalogue pendant 3 ou 4 ans.
Quels critères sociaux et environnementaux regardez-vous ?
Stéphane Beauvais : Dans la sélection de tous les produits et services que nous proposons, nous incluons des clauses et des critères. Les clauses, qui peuvent par exemple porter sur l’existence d’un plan de réduction de l’empreinte carbone ou l’égalité hommes femmes, ne sont pas négociables. Les critères concernent des points qui ne sont pas imposés, mais les candidats sont notés en fonction de leurs propositions en réponses à ces critères, qui sont les nôtres, et changent en fonction des types de produits et services recherchés.
Le Made in France fait-il partie des critères ?
Lionel Ferraris - La réglementation nous interdit aujourd'hui de favoriser une nationalité d'entreprise ou un lieu de fabrication. Par contre, à peu près 97 % de nos fournisseurs sont des entreprises immatriculées en France. C’est un indicateur à prendre avec précaution, car une entreprise immatriculée en France peut distribuer des produits fabriqués à l’étranger. Cependant, depuis trois ans, nous valorisons des produits de nos fournisseurs qui, qui, sous leur responsabilité, peuvent se prévaloir d'une certification d'Origine France Garantie ou de la démarche dite Fabriqué en France, en l’indiquant dans notre catalogue.
L’inclusion de start-up comme La Tête dans les Nuages, qui voient l’entrée dans votre catalogue comme une source importante de revenus, peut-elle être facilitée dans certains cas ?
Stéphane Beauvais - Notre mission consiste à passer des marchés publics pour l’acquisition de produits et services, permettant ainsi aux clients d’en bénéficier sans avoir à engager eux-mêmes de procédures de mise en concurrence. Notre objectif, tel qu'il nous est confié par nos autorités de tutelle, n’est pas de lancer des appels d’offres pour retenir des entreprises qui en auraient besoin. Cela changerait radicalement notre fonctionnement. Il n'y a pas de processus particulier pour ces entreprises. Les leviers que nous utilisons pour rendre accessibles nos procédures aux entreprises de toutes natures sont dons celles autorisées par le Code.
Lionel Ferraris - Nous mobilisons tous les outils du code de la commande publique, notamment l’allotissement, pour donner le maximum de chance à ces entreprises. 53,28% de nos titulaires en 2024 sont des PME. Nous pouvons aussi les promouvoir commercialement pour maximiser leur visibilité, mais si le client n’achète pas le produit, nous n’avons strictement aucun moyen d’action. C'est un sujet d'incompréhension et de déception pour un certain nombre d'entreprises qui imaginent que lorsqu'elles sont présentes dans notre offre, elles bénéficieront forcément de commandes publiques, mais ce n’est pas le cas.



