«Ni cuir, ni champignon», c’est ainsi que Frederick Martel, le vice-président de MycoWorks, présente le Reishi, un biomatériau novateur à base de mycélium (la partie végétative d’un champignon). Brun, orangé, beige clair... la palette de couleurs et le toucher rappellent ceux des peausseries utilisées dans la maroquinerie ou la confection.
Ses autres particularités sont d’avoir un très faible impact carbone par rapport au cuir animal et de ne générer aucune souffrance. Une préoccupation grandissante des jeunes générations de consommateurs. Le Reishi a déjà tapé dans l’œil de la maison Hermès, qui l’a utilisé en 2021 pour un sac, et dans celui du fabricant d’ameublement Ligne Roset, pour un canapé. L’an dernier, c’est le constructeur General Motors qui l’a intégré pour habiller les tapis de charge de la console centrale et les vide-poches des portières d’un concept car de Cadillac.
Sciure de bois et voile de coton
Fondé en 2013 à San Francisco (États-Unis) par Sophia Wang et l’artiste Philip Ross, MycoWorks a développé une technologie qui transforme les filaments du champignon en matière durable aux propriétés multiples. «Son impact carbone est inférieur à 3 kg/m2 équivalent carbone, soit environ dix fois moins que celui d’une peau d’animal », indique Frederick Martel. Naturellement résistant à l’eau, le Fine Mycelium – le nom du matériau qui sera ensuite transformé en Reishi après un passage en tannerie –, possède comme autres spécificités d’être retardateur de feu, de se patiner et de se biodégrader en fin de vie, le tout, sans émettre de substance toxique. «C’est un matériau que l’on fait pousser de A à Z», indique le vice-président, qui insiste sur l’absence de plastique. Fabriqué en usine au bout de quatre semaines, le Fine Mycelium n’a besoin que de sciure de bois, de quelques germes de mycélium, d’un peu d’eau et d’un voile de coton pour apporter toutes ses propriétés.
La feuille de 60x40 cm est ensuite retannée pour être colorée, obtenir des effets d’embossage ou encore être assouplie selon les demandes industrielles. Si la combinaison du mycélium et du coton est, pour le moment, privilégiée, MycoWorks n’exclut pas, dans le futur, d’associer des fils d’acier ou même du kevlar aux racines de champignon pour apporter de la conductivité ou une ultrarésistance. Les applications pourraient, par exemple, se retrouver dans l’automobile pour des sièges chauffants, ou dans la défense, pour des vêtements à l’épreuve des balles. Fondée en Californie, cette biotech a franchi le cap industriel en 2023. Elle a créé sa première usine à Union, une petite ville en Caroline du Sud (États-Unis), dont la capacité de production annuelle avoisine les 600 000 m2.
Caractéristiques
- Sans plastique
- Souple
- Résistance comparable au cuir animal
- Respirant
- Sensation proche du velours
Concurrents
- Ecovative Design (États-Unis)
- Oak + Cork (Portugal)
- Portugaliacor (Portugal)
- Squin (Italie)



