Des champignons dans votre canapé, cela devrait prochainement devenir réalité. Inutile de prévoir un budget pour la désinfection : il s’agit de donner naissance à une matière inédite. «Cela fait une dizaine d’années que des essais sont faits dans la filière sur des matières vegan, à base de pomme, de cactus... sans vraiment aboutir. L’idée est de s’appuyer sur la croissance du champignon reishi, sous certaines contraintes, pour en faire des peaux, tannées comme le cuir, afin d’offrir un matériau vegan de nouvelle génération», explique Antoine Roset, le directeur général de Ligne Roset.
Ligne Roset (760 personnes, 125 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022-2023), basée dans l’Ain, qui édite, fabrique et distribue du mobilier contemporain haut-de-gamme, a scellé un partenariat avec la start-up américaine Mycoworks, basée en Caroline du Sud. Celle-ci développe depuis 2012 des matériaux à partir de cellules de mycélium «de manière à former des structures cellulaires imbriquées», parmi lesquels un revêtement, conçu avec du reishi, dont le toucher, la solidité et la durabilité «sont seulement égalés par le cuir de veau», qui fait office de référence sur le marché. Le secteur de l’ameublement et de l’aménagement est à l’origine d’environ 10% du marché mondial des cuirs naturels et synthétiques.
Un lancement espéré d’ici à 2025
Avec Fine Mycellium, le nom donné au produit développé par Mycoworks, «il ne s’agit pas de remplacer le cuir», insiste Antoine Roset, mais de proposer un choix alternatif au cuir ou au tissu, sur les lignes d’assises : chaises, fauteuils ou canapés. Le partenariat entre les deux entreprises a débuté en 2021.
Actuellement, Ligne Roset teste la sixième version des échantillons fournis par la start-up américaine, en se focalisant sur la souplesse et sur la résistance du matériau. Encore en phase de recherche et développement, le produit n’a pas encore atteint le stade de la mise en œuvre dans les usines. Des tests liés à la qualité des produits et à la conformité aux normes doivent avoir lieu par la suite, pour une mise sur le marché espérée d’ici à 2025. «C’est plus novateur que du polyester recyclé. On utilise, avec Mycoworks, les avantages de la nature», justifie Antoine Roset.
Les canapés Togo, qui figurent parmi les meilleures ventes de Ligne Roset, devraient figurer parmi les premiers meubles à étrenner le Fine Mycellium. Dans l’intervalle, l’éditeur et fabricant de mobilier va créer un comité stratégique dédié à la responsabilité sociale et environnementale, et indique avoir accéléré, depuis deux ans, ses efforts pour favoriser la recyclabilité de ses produits, notamment en limitant les mix de matériaux.




