Pendant que le rover Perseverance fore les roches martiennes pour collecter ses premiers échantillons, les scientifiques se creusent les méninges pour lui envoyer des compagnons humains. Publiés en septembre dans le journal Materials Today Bio, les travaux d'une équipe de chercheurs de l'université de Manchester pourraient aider à franchir une étape cruciale dans la colonisation de la planète rouge : la construction d'une base.
Utiliser les ressources martiennes
Un problème particulièrement épineux, car expédier sur place des grues, des marteaux-piqueurs ou même des plaques de plâtre nécessiterait des vaisseaux spatiaux gigantesques. En l'état actuel des choses, transporter une simple brique jusqu'à Mars coûterait environ deux millions de dollars (1,7 million d'euros). Autant dire que seule une poignée de milliardaires pourrait se payer se luxe de posséder une (modeste) résidence martienne.
Devant les coûts astronomiques d'un tel chantier, les astronautes devront sûrement fabriquer leur base avec les ressources dont dispose déjà la planète, telles que le régolithe, une couche de poussière produite par l'impact des météorites. Mais les scientifiques britanniques assurent être en mesure de réduire encore la facture, grâce aux fluides corporels des futurs colons.
Une technique ancestrale
Leurs recherches indiquent qu'une protéine commune du plasma sanguin - l'albumine sérique - peut être utilisée comme un puissant liant. En mélangeant celui-ci avec du régolithe, ils sont parvenus à imprimer en 3D un genre de béton baptisé AstroCrete, tout aussi résistant que celui élaboré sur Terre. Une technique qui n'est pas nouvelle, puisque le sang animal servait déjà à élaborer un genre de mortier primitif il y a plusieurs milliers d'années.
En incorporant également de l'urée, un composant chimique que l'on trouve par exemple dans la sueur, les larmes, ou dans l'urine, le matériau deviendrait encore plus robuste ! Selon les calculs des chercheurs, six astronautes pourraient ainsi produire 500 kilos d'AstroCrete en deux ans en optant pour ce procédé. Ils reconnaissent néanmoins que des expériences supplémentaires seront nécessaires afin de garantir que cette option n'affectera pas la santé des futurs colons, qui auront déjà la lourde tâche de s'adapter aux conditions de vie inhospitalières de Mars.




