L’habitat martien s’imprime en 3D. La société américaine Icon construit, couche par couche, un bâtiment de près de 160 mètres carrés dans le Centre spatial Lyndon B. Johnson de la Nasa, au Texas. Dès le printemps 2022, ce logement aux murs ocre accueillera quatre cobayes pendant… toute une année. Le temps d’observer l’effet de la vie sur "Mars" – et ses nombreuses contraintes – sur leur comportement et leur physiologie.
Nommé Mars Dune Alpha, le bâtiment reproduit un habitat martien réaliste, tel qu’il pourrait être construit sur la planète rouge pour abriter des missions d’exploration spatiale de longue durée. Il a été conçu par le prestigieux cabinet d’architecture danois Bjarke-Ingels Group (BIG) qui s’est déjà associé à Icon en octobre 2020 pour imaginer un habitat lunaire, encore pour la Nasa.
Bâtir des standards de la vie sur d'autres planètes
L’impression 3D présente un avantage pour la fabrication d’habitations extraterrestres : en utilisant les matériaux présents sur la planète, les besoins d’importation de matériaux de construction sont réduits. Il suffit seulement d’emporter la machine d’impression… celle utilisée par Icon pour l’expérimentation pèse tout de même plus de 4 tonnes. Mais peut potentiellement fabriquer de nombreux bâtiments.
Celui imprimé pour la Nasa est composé de quatre chambres, d’espaces de travail, de zones de culture et de lieux de vie commune. "C’est l’habitat [extraterrestre] simulé le plus fidèle jamais construit par l’humain, félicite Jason Ballar, PDG et cofondateur d’Icon, dans un communiqué. Mars Dune Alpha est voué à servir un but spécifique : préparer les humains à vivre sur une autre planète."
Le programme de simulation de la vie martienne, nommé Chapea (pour Crew Health and Performance Exploration Analog), consiste en une série de trois essais d’un an chacun. Les participants récolteront des informations et donneront leur ressenti sur les différents aspects de la vie à plus de 62 millions de kilomètres de la Terre : nourriture, performance physique, santé mentale…
Autant d’informations qui permettront d’évaluer le risque et l’accompagnement nécessaire à des explorations spatiales d’aussi longue durée. "Les données récoltées via cette expérience vont nourrir les standards de la Nasa pour les longues missions d’exploration et potentiellement poser les fondations d’un mode de vie martien", avance Bjarke Ingels, fondateur et directeur créatif de BIG.
A vos CV
Dans ce centre de la Nasa, tout sera mis en place pour simuler le plus fidèlement possible le quotidien d’un explorateur spatial : ressources limitées, retards de communication, charge de travail importante et… pannes d’équipement.
Si ce programme ne vous a pas découragé – et que vous êtes citoyen ou citoyenne américain âgé de 30 à 55 ans en excellente santé – vous pouvez encore postuler pour vivre sur Mars... au Texas. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 17 septembre.



